Chères paroissiennes, chers paroissiens du « Net »,
Le dimanche 29 novembre s'ouvre le temps de l’Avent, temps de préparation à la venue du Messie de Dieu.
Un temps de l'Avent qui s'ouvre au cœur d'une année particulière, marquée par la pandémie de la Covid-19.
Quatre semaines durant nous sommes invités à nous préparer spirituellement et matériellement pour accueillir l’Emmanuel « Dieu parmi nous ».
Merci à l’abbé Stanislas BALO de nous aider à déchiffrer le sens des textes de ce premier dimanche de l’avent.
Bon temps de l’avent à tous et à chacun.
« Ir adelante siempré ! »
Dieu bénisse.
Éric TRAORE.
Paroisse N.D du Val de Meurthe
20, rue de l'Église
88230/ Fraize
Tel : +33 3 29 50 30 50 / +33 7 53398792
France
HOMELIE DU PREMIER DIMANCHE DE L’AVENT
Année B : Is 63,16-17.19 ; 64,2-7 ; Ps 79 ; 1 Co 1,3-9 ; Mc 13,33-37
« A vous, la Grâce et la Paix, de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus-Christ » (1 Co 1,3) dans le souffle de l’Esprit Saint ! Il est heureux que notre première messe de l’année liturgique B comporte cette salutation apostolique de St Paul. En effet, Dieu Seul sait combien nos cœurs et nos corps appellent de tous leurs vœux la réalisation de cette salutation ! Nos familles et nos pays crient pour la fin des ténèbres de la pandémie qui couvre et pèse sur le monde entier avec ses conséquences désastreuses sur l’humanité. Ce temps de l’Avent qui s’offre à nous en ce moment particulier de crise profonde est donc à saisir pour se laisser davantage renouveler par l’Emmanuel, Dieu-avec-nous. Les textes de cette liturgie du premier dimanche de l’Avent, nous invite d’ailleurs instamment à plus d’attention et de détermination : « Veillez donc, car vous ne savez pas quand vient le maître de la maison, le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin ». Pour sûr, cette indication de Jésus dépasse bien le cadre de notre préparation à Noël. Elle nous appelle tous à une prudence sans prétention aucune et à une vigilance de tout instant. C’est pourquoi juste quelques versets après ceux que nous venons d’entendre, St Marc s’est fait plus précis sur l’interpellation de Jésus en ces termes : « veillez et priez afin de ne pas entrer en tentation. L’esprit est ardent mais la chair est faible » (Mc 14,38). Jésus sait donc bien à quel point nous sommes perpétuellement exposés voire écartelés entre les valeurs du Royaume et celles du monde, entre la persévérance dans le Bien et le découragement, l’endurance et l’essoufflement...
Je le dis en pensant aussi à ce que nous avons entendu dans la première lecture. Le prophète Isaïe y exprime la soif profonde du peuple pour son Dieu : « Pourquoi, nous laisses-tu errer hors de tes chemins ? Pourquoi laisser nos cœurs s’endurcir et ne plus te craindre ?... Ah si tu déchirais les cieux et si tu descendais… » C’est aussi là un véritable aveu que le peuple s’est éloigné de Dieu. Ce que relève sans détour notre Psaume 79,19 : « jamais plus nous n’irons loin de Toi, fais-nous vivre et invoquer ton Nom. » Pourtant, Dieu est bien là, présent au milieu de son peuple. Il ne peut pas lui cacher Son Visage. Il est Le Libérateur et Le Rédempteur de l’humanité. Il veut la sauver de tout esclavage et surtout de toute idolâtrie. Il veut la rendre libre de choisir le Bien et de rejeter le Mal. Il nous veut tout tourner vers l’Avenir (A-venir) et non vers le passé ; Il nous veut pleinement et exclusivement dans le Partage, la Solidarité et le Pardon. En cela, St Marc et St Paul sont de lointains fils spirituels du prophète Isaïe qui nous rassure que Dieu est Père et que chacune de ses créatures est objet de Sa Tendresse et de Sa Sollicitude. Mais seules sont comblées, celles qui reconnaissent leurs égarements et acceptent de revenir à Lui. Partant, attendre ce qui va advenir ne doit nullement nous empêcher de bien dormir. Je le dis en pensant à cette belle déclaration de l’épouse à l’époux dans le Livre du Cantique des Cantiques (5,1) : « je dors, mais mon cœur veille ». C’est là d’ailleurs que nous pouvons inscrire aussi le symbole des bougies de l’Avent qui éclairent nos nuits et rendent nos prières continuelles pour que lève le Jour du Salut.
Enfin, je voudrais relever qu’à deux reprises dans l’évangile, Jésus, sans donner ni délais ni précisions, avertit ses disciples qu’Il viendra. Et cela pourrait être difficilement supportable pour nous qui aimons prévoir, projeter, maîtriser. Pourtant, avec Jésus, il ne peut nous arriver que du Bien. Il a tout préparé et tout donné à cet effet tel le maître de la maison dans la parabole. De plus, son arrivée à l’improviste ne doit rien avoir de problématique puisque nous vivons selon les consignes qu’Il nous a laissées. En somme, Jésus nous veut chrétiens dans l’ordinaire de notre quotidien. Il veut que nous fassions de nos vies un service, un don et un sacrifice. Il nous a donné tout pouvoir et les moyens à cet effet : ce sont d’abord les sacrements de l’Eglise à célébrer de manière renouvelée ; ce sont nos qualités et nos forces personnelles à mettre en œuvre soutenues par celles de chacun de nos frères et sœurs… C’est avec cet arsenal que Jésus nous convie à accueillir la nouveauté de Sa Venue, de Sa Présence avec un cœur docile aux motions de l’Esprit Saint et des mains toujours ouvertes pour étreindre, réjouir, consoler. Dans sa lettre encyclique, Fratelli Tutti, le Pape François, nous invite à un mode de vie au goût de l’Évangile, à « l’essentiel d’une fraternité ouverte qui permet de reconnaître, de valoriser et d’aimer chaque personne indépendamment de la proximité physique, peu importe où elle est née ou habite. »
[1] Puissent les grâces de cette eucharistie nous introduire pleinement dans ce temps de l’Avent pour une communion toujours plus profonde avec notre Dieu et Père plein de miséricorde qui est, qui était et qui vient. Amen !
Abbé Stanislas BALO - Maison Pascal TIANHOUN à DEDOUGOU – 27/11/2020
[1] François, LETTRE ENCYCLIQUE, FRATELLI TUTTI, SUR LA FRATERNITÉ ET L'AMITIÉ SOCIALE, 03/10/2020, § 1.


















