Bien chers paroissiens du "Net"
Dans la nuit du 24 au 25 décembre (soliste d'hiver), le Messie de Dieu tant annoncé par les prophètes a pris notre chair en naissant dans notre monde.
Lui le Prince de la Paix est devenu l'un de nous "EMMANUEL".
Quelle est la signification de cette fête qui partout dans le monde amène même les belligérants à faire une trêve?
Laissons l'abbé Stanislas nous en donner le sens. Merci à lui pour son homélie. Gulè Barka!
Je saisis la même occasion pour vous souhaiter un joyeux noël et une bonne année 2020.
Dieu bénisse.
Abbé Éric TRAORE.
Paroisse N.D du Val de Meurthe
20, rue de l'Église
88230/ Fraize
Tel : +33 3 29 50 30 50 / +33 7 53398792
France
HOMELIE DE LA VEILLEE DE NOEL 2019
Année A : Is 9,1-6 ; Ps 95 ; Tite 2,11-14 ; Lc 2,1-14

Bien-aimés de Dieu, en cette Nuit Très Sainte, je souhaite que la grâce du Prince de la Paix descende en abondance sur vous et sur toutes nos familles !
Un 26 décembre soir, le curé d’une paroisse était revenu dans son église pour un temps d’action de grâces et d’adoration. Il s’aperçoit très vite que dans la crèche, le santon de l’enfant Jésus n’est plus là : où a-t-il bien pu aller ? Aurait-il été volé ?... Un peu interloqué, il tourne sur lui-même, parcourant du regard la chapelle dans laquelle était disposée la crèche, puis ce qu’il peut voir dans l’église, tout en réfléchissant. Soudain, il entend, venant d’une chapelle du fond de l’église, un monologue d’enfant… Discrètement, il s’approche… et aperçoit un petit enfant de sept ans environ, qui pousse une petite brouette en bois dans laquelle il a disposé le santon de l’enfant Jésus. Le curé s’approche de l’enfant pour comprendre ce qui se passe. Et l’enfant de lui répondre : « j’avais promis à Jésus avant Noël : ‘si tu m’apportes une brouette…, je te promets que je t’en ferai faire un tour. »[1] Et tu l’as fait s’exclame le curé : c’est parfait, mon enfant ! Merci d’avoir tenu ta promesse ! Le reste de l’entretien a été un partage de joie entre deux amis.
Bien-aimés de Dieu, puissions-nous obtenir la grâce de comprendre aussi le mystère de l’Incarnation à la manière de cet enfant. Car Noël au juste ne donne pas lieu à des discours ni à des déclarations théologiques mais à des actes de solidarité et de fraternité : « un enfant nous est né, un fils nous a été donné ! Son nom est proclamé : ‘Conseiller-merveilleux, Dieu-Fort, Père-à-jamais, Prince-de-la Paix.’ » C’est à un engagement que nous sommes invités, un engagement nourrit par une méditation silencieuse comme nous y invitent d’ailleurs tous les grands commencements qui sont toujours silencieux et discrets. Pourtant, notre Dieu se présente dans l’histoire du Salut comme un Dieu qui parle. L’expression « Dieu dit » revient dix fois dans le premier chapitre du livre de la Genèse. Dans la Bible, la formule « Dieu dit » ou « Yahvé dit » revient plus de mille fois ; et si nous élargissons aux formules « oracles du Seigneur » et « Paroles du Seigneur », nous comptons plus de 2 500 mentions. Tout cela pour nous dire qu’Omniprésente, la Parole de Dieu crée, gouverne, console et réconforte... Cependant, Dieu attend notre réponse et notre collaboration. Car nous dit un bibliste et théologien Belge, André WENIN, « une fois réalisée la ‘création’, tout n’est pas ‘fait’. Au contraire, quand Dieu a fait sa part, il reste à faire. En disant ‘faisons’ l’homme à notre image, Dieu ne se parle pas à Lui-même. Il s’adresse plutôt aux humains, que sa parole est en train de créer et narrativement, aux lecteurs, pour les inviter à coopérer, par leur ‘faire’, à son agir créateur de manière à porter celui-ci à son accomplissement. »[2] Plus encore, je crois que Dieu n’attend pas que nous soyons puissants et parfaits pour nous engager à réaliser son œuvre de perfectionnement du monde. Pensons aux premiers visiteurs du Nouveau-né qui sont des bergers à qui les Anges ont annoncé la naissance du "Prince de la paix" (Is 9, 5) et Celui qui comble leurs souhaits : "Paix sur la terre aux hommes que Dieu aime" (Lc 2, 14). Pensons au vieillard Siméon et prophétesse Anne, uniques témoins de la Présentation de Jésus au Temple, la rencontre du Messie avec son peuple (Lc 2,22ss). Pensons au 1er miracle accompli à Cana, de l’eau changée en vin de grande qualité pour la joie des convives d’une noce (Jn 2, 11). Pensons à la résurrection de Jésus réalisée sans témoin mais dont la nouvelle a depuis lors embrasé le monde... Oui, Jésus naît à Bethléem, (nom qui signifie « maison du pain »), dans une étable avec une mangeoire comme berceau : un programme de vie puisqu’Il est Le Pain qui comble toutes nos faims ! L’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde !
Bien-aimés de Dieu, en célébrant Noël, nous sommes loin d’un acte de souvenir ; nous sommes invités plutôt à un acte de mémoire. C’est-à-dire accueillir et donner à Jésus de s’incarner encore davantage en nous pour y faire son œuvre. Car, « Jésus vient naître au creux de ma main, quand je l’ouvre, pour serrer une autre main, comme un petit enfant tend sa petite main si fragile. Jésus vient naître dans mes yeux, quand je change mon regard, regard de compassion, regard riche d’amour, regard clair traversé par un beau sourire. Jésus vient naître au plus profond de mon cœur, comme voici 2000 ans, Marie a accepté qu’Il prenne chair en elle et naisse en notre humanité. Jésus voudrait pouvoir crécher dans mon cœur, y avoir un peu de place afin d’illuminer autour de moi. Comme un enfant, si petit, si fragile, Jésus a besoin de moi à tout instant, pour que je le protège ! Il veut que je prenne soin de Lui, en prenant soin des autres, qui ont visage de Dieu, puisque Lui a pris visage d’homme ». Un apôtre de notre temps va même jusqu’à dire que « l’Eglise est en bonne santé lorsqu’elle a le souci de ceux qui sont éloignés et fragiles, des jeunes à servir et former, des personnes âgées à aimer et accompagner, des personnes détenues, des malades et des oubliés à visiter, tous ceux qui sont malmenés dans leur vie… »[3]. La vérité de notre célébration de Noël est donc là : Emmanuel, Dieu-avec-nous pour faire de nous son peuple, un peuple ardent à faire le bien sans relâche.
En cette Nuit Très Sainte, demandons à Dieu de nous combler de Sa Paix afin que nous puissions par toute notre vie Lui chanter notre joie et notre bonheur. Demandons-Lui la grâce de continuer à faire davantage la Paix en amoindrissant les conflits, les différends ou les exclusions qui surgissent par manque de silence et d’écoute des fragilités et des plus fragiles... Honneur et gloire à Dieu par chacune de nos vies, aujourd’hui, demain et pour les siècles des siècles. Amen !
Abbé Stanislas BALO – Paroisse Sts Pierre et Paul des Etangs – 24/12/19
[1] Pierre TREVET, Paraboles d’un curé de campagne, Paris, Editions de l’Emmanuel, 2006, p.33.
[2] André WENIN, D’Adam à Abraham ou les errances de l’humain, Paris, Cerf, 2007.
[3] Lettre pastorale du Cardinal Philippe BARBARIN, archevêque de Lyon 2015, pp. 25-26.
















