Bien chères paroissiennes, bien chers paroissiens du "Net"
Au lendemain du mercredi des cendres je vous propose une "présentation du message de carême 2019 " du pape François faite par l'abbé Stanislas SOW.
J'ajoute à cela l'homélie d'hier mercredi des cendres de l'abbé Pascal ZONON.
Merci tout plein aux deux confrères pour la disponibilité.
Bonne journée. Dieu bénisse.
Abbé Éric TRAORE.
Paroisse N.D du Val de Meurthe
20, rue de l'Église
88230/ Fraize
Tel : +33 3 29 50 30 50 / +33 7 53398792
France
PRESENTATION DU MESSAGE DE CAREME 2019
Cette année, le souverain pontife a choisi de bâtir son message de Carême autour d’une phrase de l’épître de saint Paul aux Romains : « la Création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu » (Rm 8,19). Dans son message rendu public le 26 février, à l’approche du début de ce temps de préparation à la fête de Pâques, le Pape François reprend les grandes idées de l’écologie intégrale développées dans son encyclique Laudato Si’ pour la protection de la « Maison commune », les associant aux quarante jours de conversion du Carême, qui débutera mercredi 6 mars. À cette occasion, il invite les chrétiens à retrouver la juste place de l’homme dans l’« harmonie produite par la rédemption » mais encore « menacée par la force négative du péché et de la mort ». En vivant « en fils de Dieu », les hommes participent à la « rédemption » de la Création.
- Entrer en carême pour vaincre la tentation de « posséder toujours davantage »
Temps de pénitence par excellence, le Carême peut ainsi être le moment privilégié, selon le pape François, pour amorcer un changement en profondeur vers plus de respect des fragiles équilibres entre l’homme et son environnement. Lorsque ceux-ci sont remis en cause par des excès humains, « l’intempérance prend le dessus et nous conduit à un style de vie qui viole les limites que notre condition humaine et la nature nous demandent de respecter. »
« Cause de tous les maux » et à l’origine de la rupture de la communion de l’homme avec Dieu, ce péché détériore « les rapports harmonieux » entre l’homme et la Création. Le premier se considère ainsi « dieu » de la seconde, pense en être le « chef absolu » et en use « pour son propre intérêt », au détriment des autres. En abandonnant « la loi de Dieu », assène le Pape, l’homme suit « la loi du plus fort », celle de « l’avidité », de « l’exploitation » et de la « cupidité insatiable ». À l’inverse, lorsque « l’homme vit comme fils de Dieu », il « fait également du bien à la Création ». En effet, il marche alors vers la « plénitude du salut », « processus dynamique qui embrasse également […] la Création ». Si nous ne tendons pas continuellement vers la Pâque, vers l’horizon de la Résurrection, déplore l’évêque de Rome, il devient clair que la logique du “tout et tout de suite”, de “posséder toujours davantage” finit par s’imposer ». Toutefois, « si l’homme vit comme fils de Dieu, (...), alors il fait également du bien à la Création, en coopérant à sa rédemption », insiste-t-il.
- Un « temps de préparation » favorable au repentir, à la conversion et au pardon
Ce « mystère de salut » est « déjà à l’œuvre en nous en cette vie » grâce au mystère pascal — la mort et la résurrection du Christ, se réjouit le Pape. Chemin vers Pâques, le sommet de l’année liturgique, le Carême est ainsi un « temps de préparation » pour vivre à l’image du Christ, par « le repentir, la conversion et le pardon ».
Pour « incarner de façon plus concrète le mystère pascal », les chrétiens sont invités au jeûne, à la prière et à l’aumône. Le premier apprend à résister à la « tentation de tout dévorer ». La seconde à « renoncer à l’idolâtrie et à l’autosuffisance ». Enfin la pratique de l’aumône permet de se « libérer de la sottise de vivre en accumulant ». « Ne laissons pas passer en vain ce temps favorable ! », invite le Pape.
Abbé Stanislas SOW.
HOMELIE MERCREDI DES CENDRES
Chers frères et sœurs,
Le carême, temps plein d’histoire, semble malheureusement se vider de plus en plus de son contenu dans un monde distrait. La liturgie nous rappelle aujourd’hui la chaleureuse invitation de Dieu : « Revenez à moi de tout votre cœur, dans le jeûne, les larmes et le deuil » (Jl 2, 12). Le prophète Joël, préoccupé par l’insensibilité du peuple d’Israël, ajoute : « Déchirez vos cœurs et non pas vos vêtements, et retournez au Seigneur votre Dieu, car il est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour, renonçant au châtiment » (Jl 2, 13). Le carême est justement le moment opportun pour retourner à Dieu et comprendre à nouveau le sens même de la vie. Le Seigneur nous attend les bras ouverts pour nous offrir son salut.
La liturgie de ce jour vient nous rappeler l’antique signe des cendres. La cendre sur le front, accompagnée des paroles bibliques « Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras en poussière » signifie non seulement pénitence et demande de pardon, mais aussi montre une chose simple et claire : nous sommes tous poussière, c’est-à-dire marqués par la faiblesse. L’être humain qui s’élève et qui se sent fort (et chacun de nous a ses manières pour s’élever et se sentir fort), demain n’est plus rien. Nous sommes tous poussière ! Et la cendre sur le front nous le rappelle. Mais ce geste ne doit guère nous effrayer. Il veut seulement nous rappeler que la fragilité est une dimension qui nous marque profondément, même si nous la fuyons continuellement. La véritable force pour nous chrétiens consiste à reconnaitre notre faiblesse et à nous tenir humbles devant le Seigneur. Le signe des cendres reste encore actuel pour cela. C’est un signe austère et tel est également le temps de carême. Il nous est offert pour nous aider à mieux vivre, pour nous faire comprendre combien est grand l’amour de Dieu qui a choisi de se lier à des personnes faibles et fragiles comme nous.
En ce temps de carême, il nous est demandé de veiller, afin que les consciences ne cèdent pas à la tentation de l’égoïsme, du mensonge et de la violence. Le jeûne et la prière nous rendent des sentinelles attentives parce que le sommeil de la démission ne triomphe pas ; pour que nous ne nous endormions pas devant le mal qui continue à oppresser le monde… Dans l’évangile, Jésus lui-même exhorte ses disciples à jeûner et à prier, pour se libérer de tout orgueil et de toute arrogance, et pour se disposer à recevoir les dons de Dieu avec l’aide de la prière. Nos forces, à elles seules, ne suffisent pas pour nous éloigner du mal. Nous avons besoin de mendier l’aide du Seigneur, le seul capable de donner aux hommes cette paix qu’ils ne peuvent donner. Que les fruits de cette célébration et ce temps nous aident à entrer pleinement dans l’intimité de Dieu !
Pascal ZONON.

















