Bien chères paroissiennes, bien chers paroissiens du Net
Avec le cinquième dimanche de carême nous entamons notre dernière semaine de marche au désert à la suite du Christ.
Merci à l'abbé Marcel KABORÉ de nous aider à comprendre le sens des textes soumis à notre méditation en ce jour.
Bonne marche à toutes et à tous vers Pâques.
Dieu bénisse.
Abbé Éric TRAORE.
Paroisse N.D du Val de Meurthe
20, rue de l'Église
88230/ Fraize
Tél :+33 3 29 50 30 50 / +33 7 53398792
France
Cinquième dimanche de carême B
Jérémie 31, 31-34 Hébreux 5, 7-9 Saint Jean 12, 20-33

« Crée en moi un cœur pur, Ô mon Dieu »
Frères et sœurs,
Le quatrième dimanche du carême que nous avons célébré la semaine dernière nous a présenté Jésus comme celui vers qui il faut désormais fixer le regard pour d’obtenir la vraie guérison, celle qui nous permet d’entrer dans la connaissance de Dieu, de l’aimer et de demeurer dans sa paix. Comme si les pèlerins d’origine grecque de l’évangile d’aujourd’hui l’avaient déjà compris ils abordent quelques apôtres de Jésus avec cette requête ; « nous voudrions voir Jésus ». Ont-ils pu rencontrer et parler à Jésus ? ont-ils pu obtenir de Jésus gain de cause ? La liturgie ne nous le dit pas explicitement. Mais la réussite totale de leur pèlerinage de pâque passait sans doute par là. Dans tous les cas, à eux comme à toute l’humanité Jésus donne comme réponse à leur demande rendez-vous à l’endroit de la manifestation de sa gloire.
Comme ces pèlerins grecs, Jésus se trouve aujourd’hui à Jérusalem pour la fête de pâque. La fête des rameaux que nous célébrerons la semaine prochaine nous fera savoir que son entrée dans la grande ville de David s’est faite de façon triomphale. Une grande foule de pèlerins, témoins de ses nombreux signes et prodiges avaient vu en lui le Messie tant attendu. Ce succès du fils de Dieu ne s’est pas limité au seul peuple élu. Même ceux qui sont venus d’ailleurs, les étrangers, cherchaient à le voir, le connaître et lui parler, d’où la requête des pèlerins grecs. Pourtant cette grande considération des foules pour Jésus ne manque pas d’exacerber la jalousie et l’hostilité des autorités politiques et religieuses qui cherchent à le faire mourir. Ne dit-on pas que « la jalousie horrifie l’amour » ?
« Crée en moi un cœur pur, Ô mon Dieu »
Si les grecs cherchent à voir Jésus, c’est bien parce qu’ils espèrent trouver en lui un bien pour leur vie. Leur démarche représenter pour nous une interpellation. Dieu est notre bien le plus précieux. Aussi devons-nous toujours garder à l’esprit que la quête de Dieu doit être perpétuelle dans la vie de tout homme en réponse à Dieu lui-même qui sans cesse nous tend la main. « Les bontés du Seigneur ne sont pas épuisées, ses compassions ne sont pas à leur terme ; elles se renouvellent chaque matin. Oh ! Que ta fidélité est grande ! » Lam. 3, 22. Dans la première lecture le prophète Jérémie nous montre comment Dieu ne cesse d’actualiser son alliance avec les hommes de génération en génération, car dit-il par la bouche du prophète Ézéchiel, « je ne désire pas la mort du pécheur, mais qu’il se détourne de ses péchés et qu’il vive » Ez. 18, 23
« Crée en moi un cœur pur, Ô mon Dieu »
Pourtant, la fidélité à Dieu n’est pas sans conséquence. Jésus ne recule pas devant l’hostilité des autorités politiques et religieuses qui veulent nuire à sa mission et à sa vie. Il choisit d’obéir à Dieu son père en restant fidèle à sa mission quitte à affronter la mort. Lorsqu’il affirme que « l’heure est venue où le fils de l’homme doit être glorifié » il nous apprend que le moment de sa manifestation comme Fils de Dieu est arrivé, le moment de son ultime sacrifice, de sa mise en croix. Oui la croix est le lieu de la glorification de Jésus. L’aveu du centurion romain en est un beau témoignage, « Quant au centurion et aux hommes qui avec lui gardaient Jésus, à la vue du séisme et de ce qui se passait, ils furent saisis d’une grande frayeur et dirent : « vraiment celui-ci était fils de Dieu » » Mt 27, 54. Aussi, autant les fils d’Israël au désert devaient-ils regarder le serpent de bronze pour être guéris des morsures des serpents, autant désormais c’est le Christ que tout homme en quête du véritable salut doit-il regarder. Du haut de la croix le Christ voit toute l’humanité qu’il est appelé à sauver ; et nous aussi pouvons le voir en levant les yeux sur lui, encore faut-il que nous ayons une bonne dose de foi pour oser toujours fixer les yeux sur lui.
« Crée en moi un cœur pur, Ô mon Dieu »
Pourtant, l’heure de Jésus est arrivée après de longues heures de passion, de dures souffrances et finalement la mort. Humainement il aurait souhaité ne pas connaître cette étape de sa vie. Mais il accepte la volonté de Dieu son père par obéissance. « Bien qu’il soit le Fils, nous dit la deuxième lecture, il apprit par ses souffrances l’obéissance et, conduit à sa perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel ». A la suite de Jésus, sommes-nous prêts à accepter et à remettre au Seigneur nos souffrances ? Bien souvent la maladie, l’âge, l’exclusion sociale, la souffrance, le manque ou le dénuement, le chômage etc. nous poussent au désespoir et nous déconnectent de l’essentiel, Dieu qui veut nous tenir par la main quand il nous semble que tout est perdu. Quoiqu’il nous arrive nous devons à la suite de Jésus dire à Dieu, « non pas comme je veux mais comme tu veux ». A une semaine de la fête des rameaux qui nous introduit dans la semaine sainte, il nous faut demander la grâce de pouvoir surpasser toutes les épreuves qui nous font douter de la présence et de l’action chaque jour renouvelée de Dieu dans le monde pour dire au fond de nous-mêmes comme ces pèlerins grecs de l’évangile « nous voudrions voir Jésus ». Ce sera une semaine décisive pour la préparation à célébrer les fêtes pascales. Nous réussirons si, à la suite du Psaume de ce jour, nous sommes capables de dire sincèrement à Dieu,
« Crée en moi un cœur pur, Ô mon Dieu »
Père Marcel KABORE
Paroisse saint Basle de Vittel





















