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Quand les abeilles butinent en ville

Laudato Si' #12

Des bourdonnements, de la danse, des alvéoles en construction et des colonies d’abeilles qui virevoltent dans les airs d’Épinal ! L’année 2020 a été une année riche en récolte de miel dans les Vosges, comme ailleurs.

À 67 ans, retraité de la gestion en installations électriques industrielles, Gérard Colné troque son masque Covid-19 contre celui d’apiculteur. Quand il ne prend pas soin de ses abeilles et de sa famille, il est également délégué diocésain aux relations avec les musulmans et bénévole à l’économat du diocèse et à la paroisse d’Épinal. L’apiculture est une activité et passion de longue date, après une découverte au collège des pères de Picpus. Cette envie de suivre les ouvrières s’est concrétisée à la retraite en échangeant avec des amis apiculteurs amateurs, dont Mgr Jean-Pierre Vuillemin. Formé au rucher-école de l’Abeille Vosgienne à Docelles, il a créé son rucher « Le Bon Miel d’Épinal » en mars 2014.
 

Des abeilles davantage protégées en ville

La filière apicole vosgienne compte environ 17 300 ruches pour plus d’une vingtaine de professionnels et plus de 1 000 amateurs déclarés. L’année dernière, nombre d’entre eux ont pu constater une récolte conséquente et de meilleure qualité. Peut-être un effet du confinement ?  Beaucoup y pensent, sans certitude.
L’attrait pour l’apiculture en milieu urbain est encore faible, mais se développe petit à petit depuis plusieurs années. On constate un regain pour l’apiculture dans les Vosges aussi bien en campagne qu’en milieu urbain. Depuis 2014, plusieurs ruchers se sont installés aussi sur le secteur spinalien à l’instar de la ville d’Épinal ou des étudiants de l’ENSTIB (association Ensti’Bees). Depuis 2019, la ville propose des parcelles à des amateurs et une dizaine ont répondu à l’appel. Des établissements scolaires souhaitent aussi y sensibiliser les élèves, tels que le lycée Malraux à Remiremont.

Depuis quelques années, la population d’abeilles est en forte diminution. Toutefois, en ville, malgré la pollution urbaine, la mortalité des abeilles est moins forte (30-40% en campagne contre 3-4% en ville) car elles sont moins exposées aux pesticides. Aussi la température moins fraîche de la ville permet une floraison plus longue de la diversité florale des parcs et jardins plus importante qu’en campagne, où les espèces se font plus rares au profit de monocultures parfois intensives.
 

Un miel spinalien et respectueux de l’environnement

Aujourd’hui, le premier rucher spinalien compte une dizaine de ruches et produit du miel toutes fleurs, avec même du sapin. Les abeilles butinent de fleur en fleur, d’arbre en arbre, presque toute l’année. En dehors de leur hibernation et de leurs voyages sur 3 kilomètres de pollinisation alentour, les colonies construisent leurs ruches et le surplus non nécessaire aux abeilles est récolté pour obtenir le miel. Soit plus de 150 kg pour Gérard en 2020 !

Dans un souci écologique, ce dernier invite à préférer des miels produits localement et dans des petits ruchers. Dès qu’il y a plus de 200 ruches dans un rucher, le miel est souvent produit en quantité avec du sirop synthétique positionné devant les ruches. Gérard a retrouvé dans Laudato Si’ son ressenti par rapport à un monde « fou, qui va trop vite ».
En observant ses abeilles, Gérard se rappelle « qu’on n’est pas grand-chose… l’apiculteur a besoin d’être minutieux, sensibilisé et proche de la nature ». Il y voit une évasion de l’esprit et « une certaine humilité face à la loi de la nature, face à la complexité du monde et de la création ». Son ambition pour 2021 : fabriquer un cérificateur solaire pour récupérer et réutiliser la cire d’abeille !

 

 

Émilie FEUILLÉ
Église dans les Vosges – Mars 2021

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