Lectures et méditation - Dimanche de la Résurection (PÂQUES) 4 avril 2021
La course au tombeau
De Pierre ou de Jean, qui arrivera le premier dans le tombeau vide de Jésus ? Cette question pourrait paraître puérile s'il n'y allait de l'enjeu (déjà !) d'une place à la tête des Apôtres. Dans l'évangile, Jean court plus vite que Pierre. Jean, disciple bien aimé, à qui Jésus a confié Marie sa mère, est le disciple de l'intuition du cœur, il est un rapide de cœur: « il vit et il cru » (évangile). De Pierre, le récit ne dit pas qu'il a cru en la résurrection de Jésus. Omission ou évidence? Quoi qu'il en soit, Pierre est entré le premier, il est le « primat » des Apôtres et de ce fait, il porte la charge de l'annonce de la résurrection
Et en effet, le discours de Pierre dans les Actes des Apôtres est sans ambiguïté (première lecture) : Jésus de Nazareth, celui dont on connaît les guérisons et les paroles, est ressuscité. La preuve, c'est que quelques-uns ont mangé et bu avec lui. Comme si le tombeau vide et le linceul abandonné et rangé n'avaient pas suffi. Partager le repas s'avère être pour Pierre l'expérience décisive pour attester de la résurrection du Christ. Pierre tient sa foi non du côté de l'absence (le tombeau vide) mais davantage du côté de la présence conviviale (au sens littéral du terme) de Jésus ressuscité. On retrouve là ce qui sera aussi déterminant pour les deux disciples d’Emmaüs (messe du soir) quand ils reconnaissent Jésus lors du repas et que celui-ci prononce la bénédiction. Il est frappant de voir combien la référence au repas du Ressuscité est décisive. Et comment ne pas se rappeler que c'est au cours d'un repas que Jésus a annoncé sa Pâque.
Aujourd'hui, c'est au repas eucharistique, le Repas du Seigneur, que nous sommes conviés pour nourrir et affermir notre foi en la résurrection. L'eucharistie est le sacrement de Pâques. Nous sommes dispensés de la course au tombeau parce que la présence eucharistique du Ressuscité nous est pleinement offerte en communion. Nous n'avons qu'à tendre les mains.
Texte tiré de missel des dimanches

deux temps d'un même événement qui culmine avec la mort de Jésus. Comme jadis les pèlerins à Jérusalem, en vénérant la croix, nous adorons le Christ qui est le salut du monde : « Voici le bois de la croix qui a porté le salut du monde. Venez, adorons le Seigneur », chantons-nous en nous avançant vers la croix. Là où nous serions tentés de nous lamenter sur la mort de Jésus, la liturgie annonce que le monde est déjà transformé par la croix.
Puis la lecture de la lettre de Paul aux chrétiens de Corinthe (deuxième lecture). C'est le plus ancien récit de l'institution du repas du Seigneur, de ce que nous appelons l'eucharistie. Nous oublions souvent que c'est au cours d'un repas, situé dans le cadre de la Pâque juive, que Jésus identifie à son corps et son sang le pain et la coupe partagés. La messe est en tout premier lieu un repas, dont le maître, l'hôte, est le Ressuscité. En effet, seul le Seigneur ressuscité peut rendre croyables ces paroles impossibles à expliquer autrement que par la puissance de sa résurrection : « Ceci est mon corps livré pour vous... Ceci est mon sang versé pour vous ».










