Lectures et méditation -3ème dimanche de Pâques
Les rencontres du Ressuscité
Le texte connu des disciples d’Emmaüs dans l'évangile de Luc se termine par le retour des deux disciples à Jérusalem. On se souvient qu'ils avaient fait route avec le Ressuscité sans d'abord le reconnaître, même quand il leur avait expliqué que la Loi (Pentateuque), les écrits des prophètes, et les psaumes parlaient de Lui. Ils l'ont enfin reconnu dans l'auberge à Emmaüs quand Jésus a prononcé la bénédiction sur le pain et l'a rompu.
L'évangile d'aujourd'hui nous raconte la suite et, chose étrange, ces deux disciples qui ont rejoint les Apôtres, qui racontent leur expérience d’Emmaüs, sont, malgré tout, pris de peur avec tout le groupe quand Jésus se rend présent parmi eux. Jésus réitère la même « pédagogie » que l'on peut lire dans d'autres récits d'apparition à des disciples : il calme les esprits et donne à
voir ou à toucher son corps martyrisé; comme à Emmaüs, il prend le repas et il relit les Écritures en se révélant comme le Messie annoncé.
Dans ce Temps pascal, nous apprenons à devenir des lecteurs de la Bible, et particulièrement de l'Ancien Testament. Les textes du Nouveau Testament que nous entendons dans la liturgie donnent la clé de lecture pour comprendre en quoi l'Ancien Testament a à voir avec Jésus. Nous découvrons la formidable continuité de l'histoire du peuple de Dieu sauvé par le Christ.
Plus encore, en présence du Seigneur, avec les disciples et les Apôtres, qui « n'osaient pas encore y croire » (évangile), nous faisons l'expérience du passage de la peur à la confiance, autrement dit du passage à la foi. Aujourd'hui, nous ne toucherons pas le corps abîmé de Jésus mais cependant, nous aurons part à son corps et son sang dans l'eucharistie. Nous ne l'entendrons pas nous parler et nous réconforter mais cependant, nous entendons sa Parole.
Aujourd'hui encore, nous pourrons oser y croire et redire avec toute l'Église : « le troisième jour, il est ressuscité des morts ».
Texte tiré du missel des dimanches
Nous ne pouvons pas nous représenter, imaginer, la résurrection de Jésus, et même, nous devons y renoncer, non par facilité spirituelle mais par vérité. La résurrection implique le deuil de sa représentation. Mais ce n'est pas parce que nous ne pouvons pas nous représenter la résurrection que nous ne pouvons pas la comprendre. La réalité de Jésus ressuscité qui est au milieu de quelques disciples est éclairante. On ne sait comment Jésus les rejoint mais toujours est-il que les disciple font l'expérience de sa présence. Un petit groupe de personnes qui vit dans la réelle présence du Seigneur. Cette présence de Jésus n'est ni fantomatique ni ésotérique : Jésus parle, leur parle, comme il leur parlait avant sa mort, les réconfortant. Il se laisse toucher en son corps, et enfin, il leur donne l'Esprit Saint. On peut se permettre d'imaginer que tout cela se passe très vite.
Et en effet, le discours de Pierre dans les Actes des Apôtres est sans ambiguïté (première lecture) : Jésus de Nazareth, celui dont on connaît les guérisons et les paroles, est ressuscité. La preuve, c'est que quelques-uns ont mangé et bu avec lui. Comme si le tombeau vide et le linceul abandonné et rangé n'avaient pas suffi. Partager le repas s'avère être pour Pierre l'expérience décisive pour attester de la résurrection du Christ. Pierre tient sa foi non du côté de l'absence (le tombeau vide) mais davantage du côté de la présence conviviale (au sens littéral du terme) de Jésus ressuscité. On retrouve là ce qui sera aussi déterminant pour les deux disciples d’Emmaüs (messe du soir) quand ils reconnaissent Jésus lors du repas et que celui-ci prononce la bénédiction. Il est frappant de voir combien la référence au repas du Ressuscité est décisive. Et comment ne pas se rappeler que c'est au cours d'un repas que Jésus a annoncé sa Pâque.
deux temps d'un même événement qui culmine avec la mort de Jésus. Comme jadis les pèlerins à Jérusalem, en vénérant la croix, nous adorons le Christ qui est le salut du monde : « Voici le bois de la croix qui a porté le salut du monde. Venez, adorons le Seigneur », chantons-nous en nous avançant vers la croix. Là où nous serions tentés de nous lamenter sur la mort de Jésus, la liturgie annonce que le monde est déjà transformé par la croix.
Puis la lecture de la lettre de Paul aux chrétiens de Corinthe (deuxième lecture). C'est le plus ancien récit de l'institution du repas du Seigneur, de ce que nous appelons l'eucharistie. Nous oublions souvent que c'est au cours d'un repas, situé dans le cadre de la Pâque juive, que Jésus identifie à son corps et son sang le pain et la coupe partagés. La messe est en tout premier lieu un repas, dont le maître, l'hôte, est le Ressuscité. En effet, seul le Seigneur ressuscité peut rendre croyables ces paroles impossibles à expliquer autrement que par la puissance de sa résurrection : « Ceci est mon corps livré pour vous... Ceci est mon sang versé pour vous ».







