Lectures et méditation - 5ème dimanche de Pâques - 2 mai 2021 - Année B
La vigne et les sarments
Nous renouons avec la Semaine sainte car, dans l'évangile de Jean, les propos de Jésus sur la vigne et les sarments se situent juste après le lavement des pieds et font partie de l’ultime testament de Jésus à ses disciples.
Il nous est facile d'imaginer un pied de vigne mais qu'est-ce qu'un sarment ? Il s'agit d'un jeune rameau qui a poussé dans l'année partant du pied de vigne et portant la récolte. Pendant l'année, les sarments sont taillés et après les vendanges, ils sont broyés ou brûlés. Quand
Jésus affirme que nous sommes les sarments, voici donc ce qui nous attend (évangile). Jésus emprunte ici une comparaison puissante de l'Ancien Testament: la vigne, c'est le peuple de l'alliance avec Dieu.
Mais ce peuple parfois déçoit et le prophète Isaïe le rabroue (Is 5) car, tel une vigne qui donne un jus de raisin aigre, il est infidèle à la loi de Dieu.
Dans la nouvelle alliance en Jésus (ne communions-nous pas au sang de l'alliance nouvelle et éternelle?), la vigne qu'il personnifie ne peut que produire un fruit parfait. Cependant, même si cela est acquis par la nature divine de la vigne-Jésus, la participation des sarments-disciples reste nécessaire. À l'image de la continuité entre la vigne et ses sarments, le lien qui s'établit entre Jésus et ses disciples est de même nature que celui de Jésus avec son Père et se traduit par le verbe « demeurer en... ».
Or s'il nous est difficile de comprendre concrètement ce que peut recouvrir cette inhabitation, Jésus l'explicite en l'appliquant à sa parole : les paroles de Jésus sont appelées à demeurer en nous. La 1re lettre de Jean que nous entendons aujourd'hui ne dit pas autre chose : celui qui garde les commandements du Seigneur demeure en lui (deuxième lecture). En chérissant la parole du Seigneur, qui est un commandement à aimer, toute fécondité est désormais possible. Le vin sera bon cette année !
Texte tiré de missel des dimanches
Aujourd'hui, le Christ se présente à nous comme un berger, un berger digne de ce nom car il est prêt à tout pour sauver ses bêtes (évangile). II ne peut être confondu avec les mauvais bergers qui abandonnent leurs troupeaux devant le danger. Traduction pascale : Jésus a donné sa vie pour nous ; il s'agit d'un don véritable, un don de soi total et sans retour.
voir ou à toucher son corps martyrisé; comme à Emmaüs, il prend le repas et il relit les Écritures en se révélant comme le Messie annoncé.
Nous ne pouvons pas nous représenter, imaginer, la résurrection de Jésus, et même, nous devons y renoncer, non par facilité spirituelle mais par vérité. La résurrection implique le deuil de sa représentation. Mais ce n'est pas parce que nous ne pouvons pas nous représenter la résurrection que nous ne pouvons pas la comprendre. La réalité de Jésus ressuscité qui est au milieu de quelques disciples est éclairante. On ne sait comment Jésus les rejoint mais toujours est-il que les disciple font l'expérience de sa présence. Un petit groupe de personnes qui vit dans la réelle présence du Seigneur. Cette présence de Jésus n'est ni fantomatique ni ésotérique : Jésus parle, leur parle, comme il leur parlait avant sa mort, les réconfortant. Il se laisse toucher en son corps, et enfin, il leur donne l'Esprit Saint. On peut se permettre d'imaginer que tout cela se passe très vite.
Et en effet, le discours de Pierre dans les Actes des Apôtres est sans ambiguïté (première lecture) : Jésus de Nazareth, celui dont on connaît les guérisons et les paroles, est ressuscité. La preuve, c'est que quelques-uns ont mangé et bu avec lui. Comme si le tombeau vide et le linceul abandonné et rangé n'avaient pas suffi. Partager le repas s'avère être pour Pierre l'expérience décisive pour attester de la résurrection du Christ. Pierre tient sa foi non du côté de l'absence (le tombeau vide) mais davantage du côté de la présence conviviale (au sens littéral du terme) de Jésus ressuscité. On retrouve là ce qui sera aussi déterminant pour les deux disciples d’Emmaüs (messe du soir) quand ils reconnaissent Jésus lors du repas et que celui-ci prononce la bénédiction. Il est frappant de voir combien la référence au repas du Ressuscité est décisive. Et comment ne pas se rappeler que c'est au cours d'un repas que Jésus a annoncé sa Pâque.







