Chères paroissiennes, chers paroissiens du "Net"
Plus que deux semaines et nous célébrerons dans la joie et l'action de grâce la plus grande fête du christianisme: Pâques.
L'abbé Stanislas BALO se propose à travers sa méditation de nous aider à comprendre le message de ce cinquième dimanche de carême
Merci à toi l'abbé. Bonne marche à nous vers Pâques.
"Ir adelante siempré!"
Dieu bénisse.
Abbé Éric TRAORE.
Paroisse N.D du Val de Meurthe
20, rue de l'Église
88230/ Fraize
Tel : +33 3 29 50 30 50 / +33 7 53398792
France
HOMELIE DU CINQUIEME DIMANCHE DE CAREME
Année C : Is 43,16-21 ; Ps 125 ; Ph 3,8-14 ; Jn 8,1-11
Moins de deux semaines et nous serons à la veillée pascale ; d’où la vive interpellation de la liturgie du cinquième dimanche de carême. Elle va même jusqu’à nous supplier de garder vive, la flamme de l’espérance. Car notre Dieu fait une chose nouvelle ; un avenir est possible pour chacun de nous. Alors, la seule démarche qui compte ; c’est oublier ce qui est en arrière, et lancé vers l’avant, vers le but en vue du prix auquel nous sommes appelés dans le Christ Jésus (Ph 3, 14). Jésus ne condamne personne ; Il relève plutôt et nous veut à notre tour, « semeurs d’espérance ».
D’ailleurs, dès le début de son évangile, St Jean (3,17) précise que : « Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que par lui, le monde soit sauvé ». Puis, deux chapitres plus loin, St Jean (Jn 5) nous présente Jésus ordonnant à un paralytique qu’Il a guéri de porter son grabat ; ce qui est un acte interdit le jour du sabbat. Ce jour-là, les scribes et les pharisiens n’avaient rien pu faire contre Lui. Lors de la fête des tentes, ils avaient cherché à l’arrêter et n’avaient pas réussi parce que, précise St Jean, son heure n’était pas encore venue » (Jn 7,30). Puis, des grands prêtres et des pharisiens envoyèrent des soldats pour l’arrêter au temple mais ceux-ci revinrent sans lui en affirmant : « jamais un homme n’a parlé de la sorte. » (Jn 7, 50ss). La tension est ici à son paroxysme. Ils veulent cette fois que l’incitation à la désobéissance soit publique : Jésus n’est donc pas en meilleure posture que la femme adultère ; les deux sont en danger de mort ! C’est certainement pour cela aussi que Jésus prend un temps de silence en traçant du doigt, des traits sur le sol. De plus, ce n’est pas anodin, la précision du lieu de la scène, le Jardin des Oliviers. C’est là que Jésus sera arrêté plus tard. Mais pour l’instant, Il laisse très respectueusement à chacun, le soin de répondre en s’ouvrant à la miséricorde. Car le premier pas de justice exigé est que les deux personnes prises en flagrant délit d’adultère soient présentées devant le tribunal. Mais Jésus ne s’en tient pas à ce grave défaut de procédure juridique. Il énonce une autre exigence de la loi : « celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter la pierre ». Or, dire « le premier à jeter la pierre » revient à invoquer la Loi qui stipule que c’est le témoin de l’adultère qui devrait jeter la première pierre ; la loi le disait expressément pour le cas de l’idolâtrie (Dt 13,9-10 ; 17,7). Rien d’étonnant donc que les anciens soient les premiers à se retirer ; eux, qui tant de fois, ont expérimenté pour eux-mêmes la miséricorde de Dieu et des autres ; eux qui tant de fois ont lu, chanté et médité que « Dieu est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d’amour » (Ex 34,6 ; Ps 50)… Alors, Jésus et la femme restent seuls : c’est le face à face, selon St Augustin, de la misère et de la miséricorde ! Sans tomber dans le laxisme Jésus dit à la femme, « va, et désormais ne pèche plus » ! Vaste mission, car il s’agit de passer de l’adultère au rejet de tout péché ! Puissions-nous obtenir la grâce d’être résolument tournés vers cet avenir, vaste et beau ; et qui mérite que nous investissions toutes nos énergies !
Je le dis en pensant au prophète Isaïe qui ravive de toutes ses forces l’espoir chez ses frères et sœurs exilés. Il les rassure que Dieu ne les a pas abandonnés ; au contraire, Dieu prépare déjà leur retour au pays. Dieu est fidèle à son Alliance, parce que, depuis qu’Il a choisi ce peuple, il n’a point de cesse que de le libérer, de le maintenir en vie à travers toutes les vicissitudes de son histoire : de pharaon à Nabuchodonosor, du désert du Sinaï à celui de Babylone, rien ne peut retenir le peuple de Dieu loin de la Terre Promise : « ce que Dieu a fait une fois, Il le refera » ! En tout cas, le psaume 125 chante bien ce retour annoncé dans la première lecture et qui a eu lieu. Il nous invite – si toutefois nous regardons en arrière à nous munir de bons rétroviseurs - à consentir toujours une relecture de sorte à appuyer notre espérance sur notre passé. D’où le sens même du mot mémorial qui n’est pas d’abord la faculté à retenir ni le fait d’un simple souvenir mais un effort qui sollicite et mobilise tout l’être pour découvrir que l’œuvre de Dieu se poursuit pour nous aujourd’hui. C’est ce qui fait dire à St Paul que le vrai trésor de notre existence, c’est d’avoir découvert le Christ ; d’avoir fait sa connaissance qui n’est pas d’ordre intellectuel mais de l’ordre de l’intimité ! Jésus ne prononce ni reproches ni de condamnation. Il est l’Envoyé d’un Dieu qui ne veut pas la mort du pécheur mais qu’il se repente et qu’il vive. Mission accomplie ici pour Jésus ; puisque dit-il : « Femme, personne ne t’a condamnée ? Moi, non plus ! »
Alors, bien-aimés de Dieu, quelle que soit notre situation, aussi grave, décevante ou détériorée soit-elle, nous pouvons refuser de croire qu’il n’y a plus rien à faire pour nous. Puissions-nous aussi obtenir la grâce de ne pas nous laisser abattre par ceux qui pensent que tous les moyens sont bons pour extraire le Mal ; au point de honnir, d’humilier et de traîner dans la boue ou de jeter l’enfant avec l’eau du bain. Jésus, Lui, apaise, console, et nous veut semeurs de cette paix, qui favorisent la relation fraternelle, la justice et la vérité pour tous.
Seigneur Jésus, fais que ma prière en cette eucharistie purifie mon regard, apaise mon cœur et ouvre mon esprit pour me donner non seulement de voir mes péchés et mes limites, mais surtout d’entreprendre à Ta suite le chemin de la miséricorde avec tous mes frères et sœurs pour la gloire du Père et le salut du monde. Amen !
Abbé Stanislas BALO –07/04/2019











