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Paroisse Notre-Dame-du-Val-de-Meurthe
Paroisse Notre-Dame-du-Val-de-Meurthe
La paroisse Notre-Dame-du-Val-de-Meurthe, d’une population d’environ 16 000 habitants, est composée de :
Anould, Ban-sur-Meurthe-Clefcy, Entre-deux-Eaux, Fraize, Le Valtin, Mandray, Plainfaing, Saint-Léonard, Saulcy-sur-Meurthe, et Taintrux
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N.D. du Val de Meurthe - Bulletin Juillet-Août 2019
N.D. du Val de Meurthe - l'homélie de la fête du très Saint Sacrement
Bonjour chères paroissiennes, chers paroissiens du "Net"
Veuillez trouver ci-joint l'homélie de la fête du très saint sacrement du corps et du sang de notre Seigneur.
Merci à l'abbé Elie KOUSSOUBE
Bonne sainte et joyeuse fête à tous et à chacun.
Dieu bénisse.
Abbé Éric TRAORE.
Paroisse N.D du Val de Meurthe
20, rue de l'Église
88230/ Fraize
Tel :+33 3 29 50 30 50 / +33 7 53398792
France
« Recevez ce que vous êtes, et devenez ce que vous recevez ! » Saint Augustin
Bien chers frères et sœurs,
En célébrant la fête du corps et du sang du Christ, nous célébrons une fois de plus la bonté et la sollicitude de Dieu qui se manifestent sans cesse à notre humanité. Cette solennité nous introduit dans le mystère du Christ, Pain de vie et source de salut pour le monde. Oui, dans son amour incommensurable, le Christ, dans l’Eucharistie, se rend proche des hommes ses frères, pour combler leurs multiples faims en cette vie.
C’est ainsi que dans l’épisode de la multiplication des pains Jésus accueille et répond aux besoins de la foule en la nourrissant par la parole (enseignement) et le pain. A travers ce miracle s’exprime déjà toute la dimension du salut qu’apporte Jésus le Christ à l’ensemble de l’humanité. Ce pain n’était pas seulement un pain pour le corps mais annonçait le pain eucharistique qu’il distribuera à ses disciples la veille de sa mort sur la croix pour le salut de tous les hommes. Ces derniers, à leur tour, le distribueront aux chrétiens de tous les âges dans les communautés chrétiennes rassemblées en son nom.
En analysant le récit de près, nous voyons que cette foule en situation de besoin préfigure déjà les potentiels disciples du Christ de par le monde, affamés et attendant que les disciples en parlent au Christ qui bénira le pain pour pourvoir à leurs besoins. En faisant remonter les besoins de la foule à leur Maître, les disciples se voient assigner déjà leur rôle d’intermédiaires et d’intercesseurs, rôle qui se poursuit aujourd’hui à travers leurs successeurs que sont le Saint Père, les évêques et les prêtres, leurs collaborateurs. Ce rôle peut être situé à plusieurs dans le texte:
- Signaler les besoin de la foule à Jésus (v.12).
- Faire asseoir et organiser la foule (v.14).
- Distribuer le pain béni et rompu par Jésus (v.16).
Ce rôle se perçoit aujourd’hui encore dans les paroles, les gestes et actions que font les disciples pour soulager la peine des hommes de leur temps et de leur milieu. Cependant leur rôle ne trouvera sens que dans le geste puissant de bénédiction de Jésus qui fait advenir le miracle. Bénir revient donc à investir le présent de la force bienfaisante de Dieu qui peut tout pour l’homme. « Par la bénédiction, Jésus transfère sa force aux pains et aux poissons, comme lors des guérisons, une puissance sort de lui et permet le miracle ».
Aujourd’hui encore, la foule des peuples attend de l’Eglise et des chrétiens d’être intermédiaires pour faire remonter à Dieu leurs besoins par la sollicitude, la compassion et la prière de supplication ardente. L’Eglise est invitée à se voir et à se regarder comme le témoin actif de la générosité divine pour porter main forte aux défaillants, secours aux faibles, espérance à tous ceux qui doutent sur le chemin de la foi.
Par ailleurs la symbolique des douze paniers des pains restants fait référence aux douze tribus d’Israël comme pour nous dire que Dieu, dans sa largesse, a de quoi rassasier tous les peuples sans exception. Ce miracle, tout en nous révélant donc l’identité de Jésus comme Seigneur et Messie, nous rassure que dans notre vie de tous les jours, Dieu comble l’attente des siens et nous poursuit de ses dons en tout temps.
Puisse les grâces de l’Eucharistie nous aider à devenir corps et sang de Jésus et que par toute notre manière de vivre dans le monde aujourd’hui, notre vie devienne ainsi sacramentelle et le lieu de la présence de Dieu. Amen !
Abbé Elie Télia KOUSSOUBE.
N.D. du Val de Meurthe - Homélie de la Sainte Trinité
Chères Paroissiennes, chers paroissiens du "Net"
J’ai le plaisir de vous transmettre l'homélie de l'abbé Paul NAZOTIN, nous expliquant le sens de la fête de la Sainte Trinité.
Merci Père.
Dieu bénisse.
Abbé Éric TRAORE.
Paroisse N.D du Val de Meurthe
20, rue de l'Église
88230/ Fraize
Tel : +33 3 29 50 30 50 / +33 7 53398792
France
St Trinité 16 juin 19, Nancy, P. Nazotin
Dimanche de la Trinité 2019
Le mystère de la Trinité est le mystère le plus grand et le plus important de notre foi chrétienne car tous les autres mystères découlent de lui. Mais il est aussi, le mystère le plus difficile à expliquer et à comprendre.
Lors de sa première visite en Amérique Latine (Mexique), le Pape Jean-Paul II a fait une catéchèse au cours de laquelle il a donné une définition de la Trinité, restée célèbre. Il disait ceci : « Notre Dieu dans son mystère le plus intime n’est pas une solitude mais une famille puisqu’il porte en lui la paternité, la filiation et l’essence de la famille qu’est l’amour. Cet amour dans la famille divine est l’Esprit Saint ». J’ai eu connaissance de ce texte de Jean-Paul II en écoutant une conférence de Scott Hahn (un pasteur américain protestant devenu catholique par la suite) qui apprend, en lisant les journaux, que le Pape s’est risqué à parler aux gens de la Trinité. Il s’est dit : « Il rêve, ce pape ! La Trinité c’est trop compliqué pour les gens ordinaires. Que vont-ils y comprendre ? ». Toutefois, après avoir lu le texte du pape, S. Hahn raconte qu’il a compris là où le pape voulait en venir. C’est précisément de cela que je voudrais parler. Où voulait en venir le pape, ou veut-on en venir quand nous parlons de Trinité ? Qu’est-ce que ça change pour nous que Dieu soit en lui-même 1, 2, 3 ou 5 ?
Dire que Dieu est Trinité (Père, Fils et Saint-Esprit), c’est dire que Dieu dans son mystère le plus intime, se trouve être fondamentalement relationnel, perpétuelle donation de lui-même au Fils dans l’Esprit Saint, éternel mouvement d’amour vers l’Autre. Le texte du livre des Proverbes entendu dans la première lecture est une annonce (certes, imparfaite mais une annonce toute de même) de l’Ancien Testament, de ce mystère de Dieu. L’idée du pape, c’est que notre Dieu, quand il est scruté à la loupe, une loupe appelée Jésus-Christ, se révèle être une perpétuelle donation amoureuse de lui-même à autrui. Or, c’est précisément ce même Dieu qui nous a créés à son image et à sa ressemblance (cf. Gn 1,16). Ce n’est donc pas étonnant que nous soyons nous aussi, au plus intime de nous-mêmes, de perpétuels assoiffés d’amour, irrésistiblement propulsés vers les autres, avec dans nos trippes ce besoin irrépressible d’aimer, d’entrer en relation, d’épouser, de fonder famille. L’homme vit plus d’amour que d’autre chose. Ceci explique cela. « Tel père tel fils ». Jean-Paul II arrive ainsi à faire voir que la Trinité n’est pas une pure et simple abstraction mais que, quand on commence à comprendre Dieu en profondeur, on commence à comprendre l’homme en profondeur. Mieux connaître Dieu, c’est mieux connaître l’homme. La Trinité devient le point de départ d’une anthropologie (une manière de comprendre l’homme) qui permet de comprendre l’homme dans ce qu’il est au plus intime.
De fait, il s’est passé qu’entre temps, à Eden, nous dit le récit imagé de la création en Gn, nous avons perdu notre capacité d’aimer avec l’amour trinitaire « d’origine ». Nous avons perdu cette capacité d’aimer sans que notre égo ne prenne le dessus. La bonne nouvelle, toutefois, c’est qu’en Jésus-Christ, « l’amour de Dieu a été répandu en nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné ». C’est ce que nous dit St Paul dans la deuxième lecture.
Jésus a parlé de la Trinité à la manière juive c'est-à-dire de façon non spéculative. À plusieurs reprises dans son enseignement, Jésus montre que, lui, existait avant la création, qu’il était auprès de Dieu qu’il appelle son Père, et donc uni mais distinct de lui (cf. Jn 1,1). L’évangile d’aujourd’hui, d’une manière qui peut passer inaperçue, nous parle des trois personnes de la Trinité : « Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière. En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même : mais ce qu’il aura entendu, il le dira ». L’Esprit Saint se perçoit ici comme une personne différente du Père et différente de Jésus. Puis, Jésus continue : « Tout ce que possède le Père est à moi ». En quelques versets, il nous a parlé du Père, du Fils et du Saint Esprit. Jésus laisse voir clairement que l’Esprit Saint donnera à ses apôtres d’entrer plus en profondeur dans le mystère de Dieu. Dans les Actes des apôtres, quand éclate la crise sur la circoncision, les apôtres tiennent une « assemblée générale » à Jérusalem où est venue les consulter la délégation des chrétiens d’Antioche. Ils écrivent une lettre à l’Église d’Antioche dans laquelle ils stipulent : « L’Esprit et nous avons décidé de… ». On voit, à travers cette affirmation courageuse, que l’homme est désormais un partenaire de l’Esprit Saint. Il entre en communion avec lui, pour être en communion avec le Père et le Fils. De fait, c’est pour cela que Jésus est venu. Il est venu pour que nous ayons la vie, c'est-à-dire que nous prenions part à la vie divine qu’offre la Trinité. C’est pour avoir part à cette vie de la Trinité que nous avons été baptisés. Nous l’avons été au nom du Père et du Fils de du Saint-Esprit, c'est-à-dire que nous été intégrés à l’intérieur de la Trinité, consacrés à elle. Nous pouvons, de nouveau, aimer de l’amour de la Trinité, un amour qui vient de Dieu et non de notre égo. C’est de cet amour dont parle Paul quand il écrit : « l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné ». Cet amour, c’est la vie qui circule entre les trois personnes de la Trinité. La spécificité de cette vie est le don de soi-même à l’autre, de façon gratuite. Le Christ résume magnifiquement la logique de cet amour à Gethsémani : « Père, s’il est possible, que cette coupe s’éloigne de moi. Cependant, non pas comme je veux, mais comme tu veux ». Parce que nous avons été rendus participants de la vie divine par le baptême ainsi que le dit St Pierre, Jésus nous appelle constamment est un amour du don de soi aux autres. Cet amour, il l’a répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné. La caractéristique principale de l’amour trinitaire qui a été répandus dans nos cœurs, c’est donc le don de soi aux autres. C’est pour nourrir cet amour en nous que le Christ nous offre l’Eucharistie. Dans la logique de cet amour, l’autre vient avant moi. Cet amour me suggère en permanence d’exister pour les autres. À chaque fois que nous sommes capables de sacrifice pour les autres, c’est un pas de fait dans cet amour, c'est-à-dire un pas de plus dans la vie trinitaire. C’est un pas de fait dans la sainteté que Jésus appelle dans l’évangile d’aujourd'hui, « la vérité tout entière » : « l’Esprit de vérité vous conduira dans la vérité tout entière ». En un sens, l’Esprit nous conduira toujours plus en profondeur dans l’Eucharistie pour que nous soyons toujours plus eucharistiques.
St Trinité 16 juin 19, Nancy, P. Nazotin
N.D. du Val de Meurthe - Homélie de la Pentecôte 2019
Bien chères paroissiennes, bien chers paroissiens du "Net"
Cinquante jours après la célébration de la fête de Pâques, l'Eglise célèbre la solennité de la Pentecôte qui est le don de l'Esprit-Saint (l'esprit aux sept dons) à l'Eglise.
Merci à l'abbé Stanislas SOW de nous expliquer le sens de cette fête chrétienne.
Dieu bénisse.
Abbé Éric TRAORE.
Paroisse N.D du Val de Meurthe
20, rue de l'Église
88230/ Fraize
Tel :+33 3 29 50 30 50 / +33 7 53398792
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Homélie de la Pentecôte 2019
Chers frères et sœurs, nous célébrons aujourd’hui la grande fête de la Pentecôte, qui conduit à son accomplissement le Temps pascal, cinquante jours après la résurrection du Christ. La liturgie nous invite à ouvrir notre esprit et notre cœur au don de l’Esprit Saint, que Jésus promit à plusieurs reprises à ses disciples, le premier et principal don qu’il a obtenu pour nous avec sa résurrection. Ce don, Jésus lui-même l’a imploré du Père, comme l’atteste l’Évangile d’aujourd’hui, qui se déroule pendant la dernière Cène. Jésus dit à ses disciples : « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements ; et je prierai le Père et il vous donnera un autre Paraclet, pour qu’il soit avec vous à jamais » (Jn 14, 15-16).
Ces paroles nous rappellent tout d’abord que l’amour pour une personne, et également pour le Seigneur, se démontre non à travers les paroles, mais à travers les faits ; et également «qu’observer les commandements » doit être entendu au sens existentiel, de manière à ce que toute la vie soit concernée. En effet, être chrétien ne signifie pas principalement appartenir à une certaine culture ou adhérer à une certaine doctrine, mais plutôt lier sa propre vie, dans chacun de ses aspects, à la personne de Jésus et, à travers Lui, au Père. C’est dans ce but que Jésus promet l’effusion de l’Esprit Saint à ses disciples. Précisément grâce à l’Esprit Saint, l’Amour qui unit le Père et le Fils et qui procède d’eux, nous pouvons tous vivre la même vie que Jésus. En effet, l’Esprit nous enseigne chaque chose, c’est-à-dire l’unique chose indispensable : aimer comme Dieu aime.
En promettant l’Esprit Saint, Jésus le définit « un autre Paraclet » (v. 16), ce qui signifie Consolateur, Avocat, Intercesseur, c’est-à-dire Celui qui nous assiste, nous défend, est à nos côtés sur le chemin de la vie et dans la lutte pour le bien et contre le mal. Jésus dit « un autre Paraclet » car le premier c’est Lui, Lui-même, qui s’est fait chair pour assumer en lui notre condition humaine et la libérer de l’esclavage du péché.
En outre, l’Esprit Saint exerce une fonction d’enseignement et de mémoire. Enseignement et mémoire. Jésus nous l’a dit : « Mais le Paraclet, l'Esprit Saint, que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout et vous rappellera tout ce que je vous ai dit » (v. 26). L’Esprit Saint n’apporte pas un enseignement différent, mais il rend vivant et il rend agissant l’enseignement de Jésus, afin que le temps qui passe ne l’efface pas ou ne l’affaiblisse pas. L’Esprit Saint greffe cet enseignement dans notre cœur, il nous aide à l’intérioriser, en le faisant devenir une partie de nous, la chair de notre chair. Dans le même temps, il prépare notre cœur pour qu’il soit vraiment capable de recevoir les paroles et les exemples du Seigneur. Toutes les fois que la parole de Jésus est accueillie avec joie dans notre cœur, c’est l’œuvre de l’Esprit Saint.
Que l’Eucharistie de ce jour nous obtienne la grâce d’être fortement animés par l’Esprit Saint, pour témoigner du Christ et nous ouvrir toujours plus à la plénitude de son amour.
Abbé Stanislas SOW.
N.D. du VAL de MEURTHE - Homélie de l'ASCENSION 2019
Bonjour chères paroissiennes, chers paroissiens du "Net"
J'ai le plaisirs de vous transmettre l'homélie de l'abbé Pascal à l'occasion de l'ascension de notre Seigneur Jésus.
Merci tout plein l'abbé de nous expliquer le sens de cette fête.
Bonne fête à tous.
Bonne journée
Dieu bénisse
Abbé Éric TRAORE.
Paroisse N.D du Val de Meurthe
20, rue de l'Église
88230/ Fraize
Tel : +33 3 29 50 30 50 / +33 7 53398792
HOMELIE ASCENSION 2019
Frères et sœurs,
Pour comprendre la fête liturgique de l'Ascension, il faut se référer à la culture de l'époque, à la cosmologie, à la conception du rapport entre ciel et terre. Dieu était lointain et se tenait au ciel, et les hommes étaient naturellement sur la terre. C'est pourquoi tout ce qui est descendu de Dieu est descendu d'en haut, est descendu du ciel, tandis que tout ce qui est monté à Dieu est monté au ciel.
C'est important pour comprendre ce passage où l'évangéliste, avec l'Ascension de Jésus, ne veut pas nous montrer une séparation de Jésus des hommes, mais une union encore plus intense. Avec l'Ascension, Jésus ne s'éloigne pas du monde, mais s'approche, une présence encore plus intense.
L'Ascension est le dernier acte terrestre de Jésus : elle inaugure le temps de l'Église qui va de l'Ascension à la fin de l'histoire, c'est-à-dire au rassemblement universel, en passant par nous, ici et maintenant. L'Ascension ne concerne pas seulement la chronologie de la vie du Seigneur sur terre, mais la mission universelle qui caractérise la tâche laissée par Jésus aux apôtres. A une époque comme la nôtre, où nous voulons redimensionner le christianisme comme la réalité d'une partie de l'humanité, identifiée dans cette culture occidentale qui a joué un rôle majeur dans les déséquilibres de la justice mondiale, réfléchir sur l'Ascension signifie comprendre les fondations de notre foi. C'est aussi renforcer le rejet d'une religion en tant que support d'une culture ou sponsor d'une civilisation. Au moment où Jésus "monte au ciel" déclare qu'il est pour tous... qu'aucune culture ne peut le maintenir prisonnier, le gérer ou le monopoliser en lui donnant le sentiment d'être du côté des justes.....car désormais, il peut s'exprimer dans chaque culture, dans chaque langue, peuple et nation.
Alors, l'Église a été en état de mission permanente, mais aujourd'hui elle l'est surtout envers elle-même afin de se comprendre de manière plus naturelle et plus large. S'il y a "ascension", cela signifie qu'avant il y a eu une "descente", une incarnation qui a eu lieu dans un "peuple" concret et distinct. Jésus n'était pas un homme "générique", mais un homme "oriental, palestinien, juif". Par son ascension, l'homme Jésus, "Juif de naissance", devient le Dieu de toute l'humanité, celui que tous les peuples et tous les hommes peuvent rencontrer dans le témoignage (mission) des apôtres, dans le Baptême, dans la Parole reçue.
Un autre élément essentiel de la fête d'aujourd'hui est le fait que l'Ascension est la réponse de Dieu le Père à l'obéissance du Fils : en lui, l'humain et le divin, le temps et l'éternité, le fini et l'infini, l'omnipotence et le transitoire sont unis pour toujours. L'Ascension signifie que désormais une histoire de l'humanité n'est plus possible sans l'histoire de Dieu et l'histoire de Dieu sans l'histoire de l'humanité, de chaque personne humaine, qui devient ainsi le "commandement" visible et incarné de la Présence de Dieu. L'ère de l'Église commence, les avant-derniers temps commencent, les jours de notre expérience qui nous séparent de la fin du monde, quand le Seigneur reviendra sur terre pour rassembler tous les peuples.
En attendant, nous célébrons l'Eucharistie, sacrement de la mission et de la parole. Elle est le sacrement qui nous libère de tout particularisme et nous ouvre à l'Ascension, c'est-à-dire qui nous introduit dans l'intimité avec Dieu car il nous révèle que nous sommes dans le monde visible, sacrement de la crédibilité de Dieu et témoins de son amour. Pour nous, l'ascension signifie aussi qu'aucune "descente" n'est définitive, mais qu'en nous il y a l'ADN du monde de Dieu, le sceau de sa vie, et qu'aucun échec ne peut dire le dernier mot sur nous car nous sommes appelés à "monter" au ciel.
Pascal ZONON
N.D. du Val de Meurthe - BULLETIN MAI-JUIN 2019
N.D. du Val de Meurthe - HOMÉLIE du DIMANCHE de PÂQUES
Bien chères paroissiennes, bien chers paroissiens du "Net"
"Christ est ressuscité ALLÉLUIA! Il est vraiment ressuscite ALLÉLUIA! "
Merci à l'abbé Stanislas Balo de nous expliquer le sens de cette grande fête du Christianisme: Pâques.
Bonne journée de fête à tous et à chacun.
Dieu bénisse.
Abbé Éric TRAORE.
Paroisse N.D du Val de Meurthe
20, rue de l'Église
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HOMELIE DU DIMANCHE DE PAQUES
ANNEE C : Ac 10,34a.37-43 ; Ps 117 ; 1 Co 5,6b-8 ; Jn 20,1-9
« Christ est vraiment ressuscité ! Alléluia ! Alléluia ! »
C’est la nouvelle qui a mis des hommes et des femmes en mouvement depuis deux milles ans ! C’est le fondement et la raison d’être de l’Eglise encore aujourd’hui ! C’est l’essence de notre foi que nous vivons en Eglise même si chacun a profondément encré dans son cœur et dans son esprit un désir particulier pour aujourd’hui et pour demain. C’est au juste une course de fond à réaliser ensemble, qui nous est proposée, en veillant les uns sur les autres ; en communiquant les uns avec les autres, en transmettant les uns aux autres à l’exemple de Marie Madeleine revenant du tombeau de grand matin, et qui met Pierre et Jean en route par ses paroles. Ou à l’instar des disciples Pierre et Jean, arrivés au tombeau après une course de vitesse, et qui se livrent à une scène de politesse voire de hiérarchie : Pierre, le second à arriver sur les lieux, « entre et voit » ; c’est alors qu’entre Jean, le premier arrivé sur les lieux ; « il voit et il croit »… ! C’est cela, la communauté dont la vie a pour les uns une allure de sprint ; pour d’autres d’un trot avec parfois des temps d’arrêt voire des reculs ; mais en tout et en tous, cette vie offre à chacun de ses membres de vivre une belle progression dans la foi. Le Pape François, dans son appel à la sainteté, écrivait dans son exhortation apostolique intitulée Gaudete et Exultate, au n°141, publiée le 9 avril 2018 : « la sanctification est un cheminement communautaire à faire deux par deux… En diverses occasions, poursuit le Saint Père, l’Église a canonisé des communautés entières qui ont vécu héroïquement l’Évangile ou qui ont offert à Dieu la vie de tous leurs membres. …Souvenons-nous… du… témoignage des moines trappistes de Tibhirine (Algérie), qui se sont préparés ensemble au martyre. Il y a, de même, beaucoup de couples saints au sein desquels chacun a été un instrument du Christ pour la sanctification de l’autre époux. Vivre ou travailler avec d’autres, c’est sans aucun doute un chemin de développement spirituel. » C’est bien là une assurance qui ne déçoit pas : oui, partager la Parole de Dieu et vivre l’Eucharistie ensemble offrent incontestablement une croissance et une expérience de foi intense. C’est une démarche qui rend l’espérance vive et la charité active.
Jésus en qui, Marie Madeleine, Pierre et Jean ont mis tout leur amour, toute leur foi et toute leur espérance, a été crucifié et mis au tombeau. Leur déception et leur douleur étaient immenses, parce que tout était fini pour eux… Pourtant, trois jours après ce coup de tonnerre, les voilà débout, en route, marchant, courant en quête de Sens, de Lumière, de Vie,… seule démarche qui au fond a le dernier mot ! C’est vrai, tout va très vite pour Pierre : le jeudi Saint, il n’avait pas su interpréter le geste du lavement des pieds fait par Jésus ni ses paroles fortes du reniement imminent,… Alors, plus de précipitation ni de déclarations hasardeuses : Pierre reste silencieux devant son constat « des linges posés à plat », même s’il est le premier à entrer dans le tombeau vide. Oui, Dieu respecte le rythme de chacun ; Il n’attend pas non plus de nous une foi instantanément parfaite, mais une libre réponse et un engagement avec nos limites, nos lenteurs pour une croissance qui mobilise entièrement notre mémoire, notre intelligence, notre volonté, notre cœur,… C’est ce qui faisait dire à St Anselme qu’« il ne faut pas chercher à comprendre pour croire, il faut croire pour comprendre » !
Bien-aimés de Dieu, la foi en la résurrection ne nous soustrait pas aux difficultés réelles de notre quotidien ni à la dure réalité de la mort physique qui fait son œuvre en chacun de nous. Mais, elle donne à nos vies de ne pas s’arrêter aux blessures et d’être sublimée. C’est à l’annonce de cette vérité que les apôtres ont consacré toutes leurs forces (cf. Ac 10,34ss). A nous désormais de trouver la force de lire dans nos vies et dans la vie du monde tous les signes de la résurrection. A nous désormais d’inviter le monde à la rencontre du Christ ressuscité comme Pierre dans la première lecture. En effet, pour la première fois, contrairement à toute son éducation, à toutes ses certitudes, Pierre, le Juif devenu chrétien, franchit le seuil de la maison d’un païen, Corneille, le centurion romain. Même s’il est un « craignant Dieu », c’est-à-dire un converti à la religion juive, Corneille n’était pas allé jusqu’à en adopter toutes les pratiques, notamment la circoncision qui est la marque de l’Alliance. C’est chez Corneille donc que Pierre entre et annonce la grande nouvelle : « Jésus de Nazareth est ressuscité » ! Pierre était bien réticent au départ à effectuer la démarche ; mais dans une vision qu’il relate en Actes 10, Pierre finit par admettre que l’Evangile déborde les frontières du peuple d’Israël. Après Pierre, il y eut St Paul, mais bien avant Pierre, c’est Philippe en Ac 8 qui, le premier, a baptisé un païen : l’eunuque éthiopien dont il est dit qu’il était un « adorateur », c’est-à-dire très proche de la religion juive. Ainsi, « toute personne sous le ciel qui croit en Jésus, reçoit par Lui le pardon de ses péchés. » (Ac 4,12). Plus encore, elle est rendue capable de vivre selon les réalités d’en haut qui se déclinent en bienveillance, humilité, douceur, patience, pardon mutuel,… A l’inverse, les réalités terrestres sont toutes celles qui alourdissent et empêchent notre élévation personnelle et communautaire. Il nous revient donc de poser ce choix au quotidien ; pas en vivant une autre vie que la vie ordinaire ; mais en vivant sous la motion de l’Esprit Saint. Car la Pâques que nous célébrons est bien la fête de la libération et une libération définitive de l’esclavage sous toutes ses formes ! « Soyons pleins d’assurance, Christ a vaincu le monde ! » (cf. Jn 16,33). Il a donné à plusieurs groupes de personnes unies et solidaires dans la peine de retrouver force et courage dans leur épreuve notamment avec les résurrections de la fille d’un chef de synagogue nommé Jaïre (cf. Mc 5, 21-43) ; le fils de la veuve de Naïm (cf. Lc 7,11-16) et particulièrement Son Ami Lazare, après avoir même pleuré devant tout le monde (cf. Jn 11,1-57). Le groupe des disciples, malgré le reniement, l’abandon et la trahison de l’un ou l’autre lors de l’arrestation, la passion et la mort de Jésus, est resté bienveillants et unis pour le salut du monde. A leur suite, des femmes et des hommes, ainsi que des communautés entières à travers le monde, se sont laissés habiter par Cet Esprit d’Amour et de Paix : Oui, Christ est ressuscité ! Puissions-nous obtenir la grâce d’être vraiment ses disciples bien-aimés (cf. Ep 4,32s).
Car rien ne peut nous ravir notre espérance de vivre éternellement en Lui et avec Lui !
Amen !
Abbé Stanislas BALO – Paroisse Sts Pierre et Paul des Etangs - 21/04/19
N.D. du Val de Meurthe - HOMÉLIE de la Vigile Pascale
Homélie de la vigile Pascale
Bien chères paroissiennes, bien chers paroissiens du "Net"
Je vous souhaite une joyeuse fête de Pâques.
Merci à l'abbé KI Alfred Diban pour son homélie.
Dieu bénisse.
Abbé Éric TRAORE.
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N.D. du Val de Meurthe - HOMÉLIE du JEUDI SAINT 2019
Bien chères paroissiennes, bien chers paroissiens du "Net"
Avec la célébration de la sainte cène nous entrons dans le triduum pascal.
Merci à l'abbé GOUROU de nous aider à comprendre le sens de cette célébration du jeudi saint.
Bonne fête aux prêtres. Bonne montée vers Pâques à tous et à chacun.
"Ir adelante siempré". Dieu bénisse.
Abbé Éric TRAORE.
Paroisse N.D du Val de Meurthe
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Homélie – Jeudi Saint 2019
Ex 12,1-8.11-14 ; 1Co 11,23-26 ; Jn 13,1-15.
Chers amis,
Avec la célébration de la Cène de notre Seigneur Jésus Christ, nous entrons encore plus profondément dans le mystère pascal, plus que le dimanche de la Passion et des rameaux ; oui, c’est l’heure des essentiels de notre foi qui a sonné. L’incarnation touche à son sommet.
La célébration du Jeudi saint nous offre des trésors inestimables : le testament de Jésus en trois éléments fondamentaux. Ces éléments constituent un mémorial à fêter d’âge en âge. Le livre de l’exode le dit si bien : « Ce jour-là sera pour vous un mémorial. Vous en ferez pour le Seigneur une fête de pèlerinage. C’est un décret perpétuel : d’âge en âge vous la fêterez »
Le premier trésor est l’institution de l’Eucharistie : « Ceci est mon corps qui est pour vous… Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang »
Le second don est le sacerdoce ministériel à travers cette courte phrase qui revient deux fois dans la deuxième lecture : « faites cela en mémoire de moi ».
Enfin le troisième cadeau est le commandement de l’amour que nous recevons en ces termes dans l’Évangile de saint Jean : « Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous ».
Avant sa passion-mort-résurrection, Jésus nous donne L’Eucharistie, le sacerdoce ministériel et le commandement de l’amour. Ceux-ci suffisent largement pour que notre monde soit si beau, si paisible et si heureux. Mais hélas, le vent de la tempête souffle et dans notre monde, et dans l’Église et dans le corps sacerdotal. Nous vivons des épreuves à perdre le nord, si nous ne prenions garde.
Toi Seigneur, si tu déchirais les cieux et si tu descendais !!! Mais non, ton chemin n’est pas le nôtre. Tu es là, tout humble dans l’Eucharistie et dans ta parole ; tu es là lorsque deux ou trois sont réunis en ton nom. Oui, heureusement que notre Seigneur n’habite pas que dans des bâtiments faits de mains humaines ! Nous sommes les pierres vivantes de l’Église, corps du Christ. Et aujourd’hui, dans ses dernières volontés exprimées pendant son dernier repas, le Seigneur compte sur toi ; il te donne et te confie l’Eucharistie, les prêtres et leur ministère et le commandement de l’amour.
Seigneur, je t’adore dans le très saint sacrement de l’autel. Donne-moi de recevoir, dans la foi, ta Parole et tes dernières volontés. Et que jamais, je ne sois séparé de toi ;
Amen !
Abbé Jean GOUROU.
N.D. du Val de Meurthe - Homélie du dimanche des Rameaux 2019
Bien chères paroissiennes, bien chers paroissiens du "Net"
Plus qu'une semaine et nous célébrerons dans la joie la fête de Pâques.
Nos regards et nos cœurs sont déjà tournés vers ce jour où le Christ vainqueur du péché et de la mort resplendira dans sa gloire.
Le dimanche des rameaux et de la passion que nous célébrons nous font entrer dans la semaine sainte qui nous mènera à ce jour de gloire.
Merci à l'abbé Paul NAZOTIN de nous expliquer la signification de cette célébration.
Bonne marche à tous et à chacun vers Pâques.
Dieu bénisse.
Abbé Éric TRAORE.
Paroisse N.D du Val de Meurthe
20, rue de l'Église
88230/ Fraize
Tel : +33 3 29 50 30 50 / +33 7 53398792
France
Homélie du dimanche des Rameaux 2019 (P. Nazotin)
Chers frères et sœurs,
Le texte de la passion que nous lisons en ce jour des Rameaux, nous relate surtout ce qui s’est passé le Vendredi Saint : comment Jésus est en est venu à être crucifié et mis à mort le Vendredi Saint.
Le cardinal Joseph Ratzinger faisait remarquer que rien ne pouvait permettre aux disciples de Jésus de comprendre sa mort, le Vendredi Saint, comme un sacrifice.
Effectivement, il est bon de se poser la question : qu’est-ce qui permet à tout le Nouveau Testament de voir la mort de Jésus comme un sacrifice ? La réponse c’est : ce qui s’est passé le Jeudi Saint. En effet, sans le recours au Jeudi Saint, la crucifixion de Jésus n’est rien d’autre qu’une exécution romaine.
Donc, pour mieux comprendre le Vendredi Saint, revenons à ce qui s’est passé la veille, le Jeudi Saint.
Un examen attentif de la célébration de la pâque juive par Jésus et ses disciples montre qu’ils ont quitté la Chambre Haute, là où ils se sont retrouvés pour célébrer la pâque juive, sans avoir consommé la 4e coupe, la coupe de la consommation, qui concluait le Seder (le repas pascal juif). Il y a ici, de toute évidence, comme une entorse au rituel de la pâque juive du temps de Jésus.
Contre toute attente, à Gethsémani, Jésus parlera de « coupe » dans sa prière : « Père, s’il est possible, éloigne de moi cette coupe » (Mt 26,39). Or, nous savons sait bien que c’est de sa souffrance et de sa mort que Jésus parle en termes de « coupe ».
Toutefois, dans la passion selon St Jean que nous lisons les Vendredis Saints, Jésus s’exclame juste avant de mourir : « J’ai soif ». « Après quoi, sachant que désormais tout était achevé pour que l'Écriture fût parfaitement accomplie, Jésus dit : " J'ai soif. " Un vase était là, rempli de vinaigre. On mit autour d'une branche d'hysope une éponge imbibée de vinaigre et on l'approcha de sa bouche. Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : " C'est achevé " et, inclinant la tête, il remit l'esprit » (Jn 19,28-30).
Pour quelqu’un qui va bientôt mourir, étancher une soif n’est nullement une priorité. Il n’y a donc pas de doute que Jésus veut donner une importance à ce geste.
Il faut alors comprendre que la 4e coupe est consommée. La mort de Jésus en croix le Vendredi Saint n’est rien d’autre que la conclusion d’une célébration qui a commencé la veille, à la Chambre Haute, avec la célébration de la Pâque juive, au cours de laquelle il a institué l’Eucharistie.
C’est donc là, à l’institution de l’Eucharistie, que le sacrifice de Jésus a commencé et cette institution de l’Eucharistie était déjà le sacrifice de Jésus. Ses derrières paroles (« Tout est accompli ») sont à comprendre comme faisant référence à ce repas pascal (qui, dans la tradition juive est toujours un repas sacrificiel au cours duquel est mangé l’agneau immolé) commencé dans la Chambre Haute.
Le sacrifice de la croix et l’Eucharistie instituée dans la Chambre Haute constituent donc un seul et même événement, c'est-à-dire le sacrifice de Jésus, plus précisément sa pâque, puisque c’est de cette façon qu’il a choisi de célébrer la pâque juive.
C’est donc la Sainte Cène qui permet de voir que la Croix est la continuation d’un acte d’amour commencé dans la Chambre Haute.
La croix n’est pas une simple exécution romaine.
Il est le plus beau geste d’amour jamais posé. Il y a de la souffrance dans ce geste, puisqu’on parle d’amour.
Il n’y a pas d’amour sans souffrance. « Celui qui commence à aimer doit être prêt à souffrir » dit Padre Pio (CE 25). De fait, l’amour transforme la souffrance en sacrifice de sorte que sans amour, la souffrance n’est que torture.
Le Vendredi Saint sans le Jeudi Saint est une torture et l’amour exprimé le Jeudi Saint sans la souffrance du Vendredi Saint n’est que platonique.
Le Jeudi Saint transforme le Vendredi Saint en un sacrifice et le dimanche de Pâques transforme le Vendredi Saint en un sacrement.
De fait, la lettre aux Hébreux nous dit que Jésus, grand prêtre selon l’ordre de Melchisédech, est en entré au ciel, dans le sanctuaire de Dieu, avec son offrande du vendredi saint.
Si l’offrande du Christ se passe au ciel comme le dit la lettre aux Hébreux, alors cette offrande est éternelle car tout ce qui se passe au ciel est éternel. C’est pour cela que l’auteur de la lettre aux Hébreux présente Jésus comme étant Melchisédech, le prêtre éternel de l’Ancien Testament offrant du pain et du vin (Gn 14).
Le Christ, au ciel, offre éternellement son sacrifice au Père.
Non seulement son offrande est éternelle, mais la réponse du Père (c'est-à-dire la résurrection) à cette offrande est éternelle, elle aussi.
C’est ce sacrifice éternel du Christ et la réponse éternelle du Père, que le prêtre rend présent à chaque Eucharistie : « faites ceci en mémoire de moi ».
A chaque Eucharistie, nous avons la possibilité de nous unir au sacrifice du Christ, le seul et unique sacrifice du Christ offert une fois pour toutes les autres fois (He 7,10 ; 10,10).
Participer à la messe, c’est avoir la possibilité d’unir nos souffrances à celles du Christ, notre offrande à la sienne, pour qu’elles deviennent offrande à Dieu et non tortures.
Sans cette union, nous n’avons pas part à sa résurrection.
À chaque fois que nous le faisons, nos souffrances deviennent lieu de grâce et de croissance en Dieu. Elles deviennent des lieux arides d’où pourtant poussent des roses inattendues !
Puisse le Seigneur nous apprendre à unir nos souffrances aux siennes par le sacrifice de la messe.
Abbé Paul NAZOTIN










