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Raymond Trocmé, un regard bienveillant

Déodatien, Raymond, comme beaucoup le prénomment affectueusement, fait partie de cette génération qui souffrit de la guerre et qui apprit à compter sur elle-même. À travailler sans jamais renâcler devant la tâche à accomplir. Issu d'une famille chrétienne, il n'ignore rien du partage et de la fraternité.

Il obtint son certificat d'études parmi les premiers du canton. Plus tard, le jeune homme réussit avec mention son apprentissage de compositeur-typographe.

Il fallait se débrouiller par ses propres moyens. Pour gagner un peu d'argent, Raymond déchirait les tickets d'entrée et vendait des confiseries à l'entracte du cinéma Empire.

Sportif, il intégra un club local de parachutisme. Ses vingt ans n'étaient pas sonnés, lorsque vint l'appel sous les drapeaux au 9e Régiment de Chasseurs Parachutistes. Remarqué pour ses capacités, Raymond fut reçu au brevet radio. Les événements d'Algérie l'exigeaient, il traversa la Méditerranée. Sa sensibilité naturelle fut écorchée : « Au retour, deux ans plus tard, j'étais un peu tête brûlée, on n'en ressort pas intact... »

Une présence, une écoute, un sourire

Marié depuis 53 ans, M. Trocmé se souvient des débuts de son couple. « Je travaillais dans le Jura, nous n'avions que très peu de choses... À l'époque, on se contentait du strict nécessaire, on n'avait ni la télévision, ni le téléphone... »  

Sa région natale lui manquait. Devenu père de famille, il revint installer son foyer dans un appartement du quartier Kellermann à Saint-Dié. Il retrouva l'imprimerie Loos et y gravit des échelons de carrière.
De graves problèmes de santé obligèrent Raymond Trocmé à arrêter de travailler. Mais, pas question de rester inactif !
Cet amoureux de la nature entra au Club Vosgien et devint guide de randonnée. Il rejoint aussi la bibliothèque diocésaine où son aide est précieuse.

Des visites à une parente installée en maison de retraite furent une révélation. Ému par ces personnes trop souvent seules, Raymond ne quitta plus cet univers.
Son dévouement, son sens de l'amitié et des responsabilités  lui valurent de prendre la présidence de VMEH (Visite des Malades dans les Etablissements Hospitaliers). Modeste, il partage le mérite de ce véritable sacerdoce. « Seul, on n'est rien ! Je suis entouré d'une équipe formidable ! »

Bénévole, Raymond offre du bonheur, avec des chansons à mettre dans les coeurs.  Sans jamais compter son temps, à l'occasion, il n'hésite pas d'enfiler un costume de scène pour amuser son public. « C'est une chance d'apporter un peu de joie à ceux qui en ont tant besoin. Derrière une porte fermée, il y a quelqu'un, ouvrez cette porte et des yeux brillent!....Rassurer, calmer des angoisses, être là... C'est souvent un très bon médicament. Nous visitons dans plusieurs établissements. Nous proposons des animations musicales, des ateliers, des livres, des revues... Il arrive aussi que nous conduisions des invalides en promenade, ou encore s'ils le souhaitent nous les aidons à se rendre à la messe »

Raymond Trocmé revendique cette solidarité comme un devoir de mémoire.« On parle souvent de la jeunesse, c'est vrai qu'il faut lui tendre la main. Mais, n'oublions jamais nos aînés, ils ont traversé tant d'épreuves que nous n'imaginons même pas ce que furent leurs souffrances. Nous profitons aujourd'hui du fruit de leur labeur, de leurs efforts et de leurs sacrifices. Je n'aurai jamais assez de ma vie pour rendre à ses générations ce qu'ils ont fait pour nous ! Tant que je serai de ce monde, je garderai mes valeurs, tête haute ! »

Josée Tomasi-Houillon

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