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Petit Ignatio : un chemin de providence

1964. À l'âge de 2 ans, Petit Ignatio quittait avec les siens le Vietnam, sa terre natale. Les graves évènements politiques qui agitaient alors cette belle contrée du monde ne laissaient aucun choix à cette famille de onze personnes, tous de nationalité française. À l'issue de ce long voyage, ils rejoignirent Bruyères où vivait de la parenté.

Sur place, les soeurs de la Providence offriront leur aide en hébergeant le foyer Ignatio à l'intérieur de la salle paroissiale de la Fontenotte. Une situation précaire qui fort heureusement ne dura pas trop longtemps. Les entreprises embauchaient, la main-d'œuvre était recherchée.

Petit grandissait, il entendra son père, catholique très pratiquant, lui dire : « Mon garçon lorsque tu arrives dans une nouvelle ville, tu te mets immédiatement au service de la paroisse ! »

Comme ses frères, Petit sera enfant de choeur. « Le côté croyant est depuis toujours très présent dans ma vie ! » Il entrera aussi chez les scouts et portera avec fierté la chemise jaune de chef louveteau.

Petit réalisera sa scolarité à l'école primaire de garçon, puis au collège et au lycée bruyèrois.

Il garde en mémoire les noms de plusieurs enseignants, dont celui de son institutrice, Mme Jacquemin pour qui il nourrit reconnaissance et affection. « En Terminale, auprès de M. Claudel, professeur de physique, j'ai appris à jouer de la guitare. Aujourd'hui j'anime un club auquel participent une trentaine de jeunes. Je poursuis dans la même démarche de faire plaisir.»

Plutôt bon élève, Petit connaîtra une période d'opposition et ratera son baccalauréat. Il rebondira vite. « J'avais un projet qu'ont accepté mes parents. J'avais lu sur une affiche que l'Armée de l'Air recrutait, je suis allé passer des tests. Ce fut positif j'ai rejoint l'école militaire en optant pour la filière médicale, je voulais être infirmier. Je sortis 3e de ma promo, je choisis de partir pour la base aérienne 113 à Saint-Dizier. Je devenais indépendant avec salaire, un appartement, une vie ! »

Un jardinier

L'existence conduit parfois à des choix. « Je n'ai pas fait une carrière militaire comme je le pensais. Le mariage m'a appelé à prendre la décision de privilégier mon foyer. J'ai donc démissionné, je suis resté professionnellement inactif une semaine ! J'ai trouvé de petits boulots, j'ai été embauché à l'usine CIPA, mais cette entreprise bruyèroise connaissait alors de grosses difficultés...J’appris que l'école La Providence à Saint-Dié recherchait un surveillant. J’ai été embauché, au début on prend cela comme un travail, mais on s’aperçoit rapidement que c’est une véritable mission éducative. »

Responsable de la proposition pastorale dans son établissement, M. Ignatio a réalisé en 1993 une formation pour devenir CPE. Il accueille maintenant d’anciens élèves qui viennent inscrire leurs enfants à  l’école. Il évoque son métier avec chaleur et passion. « Il faut toujours être dans l’accompagnement des enfants, mais il faut aussi entendre parents, éducateurs... L’écoute, la disponibilité, la présence sollicitent l’énergie. Je suis un tuteur comme le jardinier lorsqu'il pose un tuteur pour aider la plante à se fortifier. Lorsqu’elle s’est relevée, on retire le tuteur. Les élèves, je vis avec eux. Quand l’adulte tient un discours clair, sans ambiguïté, cela ne pose pas de problème. L’élève n’est pas un numéro. Il nous faut faire preuve d’humanité. Il convient de permettre aux jeunes de vivre avec la notion de faire un bout de chemin ensemble. Chacun avec sa vitesse de fonctionnement, nous sommes tous différents. On se doit de tisser des liens non emprisonnant. Croyons en nos jeunes ! Ayons la foi, croire c’est faire confiance !»

Des instants de vérité

À l’origine de la création de l’association caritative « Coup de pouce », Petit Ignatio est allé jusqu’au Liban pour y aider un centre aéré en Roumanie, en Pologne… pour y porter du matériel scolaire. « La démarche humanitaire exige de la simplicité. Celui qui ne veut rien faire trouve des excuses, celui qui veut faire s’en donne les moyens ! »

Avec son épouse avec qui il s’apprête à célébrer trente ans de mariage, M. Ignatio a transmis à ses trois enfants son regard ouvert sur le monde. « Il nous faut mettre en avant ce qui est beau, offrir ce que tu as de merveilleux, chercher loin au fond de soi, des instants de vérité, un ensemble plein de couleurs, de visages, de regards croisés. Il nous faut capter la lumière. S’émerveiller, savourer des instants, percevoir ces signes qui nous parlent d’espérance…Soyons optimistes. La notion d’engagement est importante. Tout cela fait qu’en nous les choses s’équilibrent…»

Totalement, européanisé, Français dans l’âme, Petit Ignatio demeure très attaché à ses racines. Un récent voyage au Vietnam l’a profondément ému.

Fin cuisinier, musicien, Petit regarde l’avenir avec sérénité. « C’est ma nature, je veux me réveiller chaque matin capable de continuer à fonctionner en projets ! »

Josée Tomasi-Houillon 

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