Vous êtes ici

La Providence... avec Jean-Baptiste GROSGEORGE (1846-1902)

150 ans de la Congrégation de la Providence de Portieux au Viêt Nam

Le 12 janvier 2026 sera une grande fête au Couvent des Soeurs de la Providence de Portieux au Vietnam. Celles-ci fêtent 150 ans de leur présence au pays de mission avec la présence de Mgr GOURDON, évêque de Saint-Dié et celle de Mgr Joseph TRẦN VĂN TOẢN, évêque de Long-Xuyên. Cette fête rappelle l’arrivée de six soeurs françaises au 12 janvier 1876 à l’île de Cù Lao Giêng. Elle exprime non seulement le dynamisme de l’évangélisation de l’Église universelle, mais encore la Providence de Dieu accompagnant ces soeurs dès le début jusqu’à maintenant.

Au début de l’année jubilaire, la figure d’un missionnaire vosgien, Jean-Baptiste GROSGEORGE – premier aumônier des Soeurs de la Providence de Portieux au Vietnam –  illustre bien l’aventure providentielle dans le pays de mission.


Né le 15 juin 1846 à La Voivre (non loin de Saint-Dié-des-Vosges), après avoir poursuivi ses études au petit séminaire d’Autrey et au grand séminaire de Saint-Dié, ce jeune reçoit le sous-diacre dans le diocèse de Saint-Dié le 21 décembre 1867.
 

Un élan missionnaire

Lors de sa formation, ses supérieurs décèlent déjà chez lui un zèle missionnaire : « Au grand séminaire de Saint-Dié, ce jeune ecclésiastique (nommé évêque plus tard Mgr Grosgeorge) se distinguait par sa très grande piété et par une rare austérité. Ce qui le caractérisa comme missionnaire, ce fut l'esprit de renoncement, joint à un ardent amour de Dieu et des âmes. » ; écrit plus tard dans La Semaine Religieuse n°1902 p.164 (Le journal du diocèse de Saint-Dié).

Admis au Séminaire des Missions Etrangères de Paris, le jeune vosgien y est ordonné diacre et ensuite prêtre le 28 octobre 1869. Il part pour le Cambodge le 15 février 1870 où Mgr Jean-Claude MICHE, vosgien originaire de Bruyères, est vicaire apostolique depuis plusieurs années.

À son arrivée, il apprend le vietnamien dans une paroisse. Après quelques mois d’études, il est nommé dans la région vietnamienne. Le père Louis Aussoleil, administrateur de la mission, voit les capacités de ce jeune missionnaire afin de  lui confier la mission de fonder un séminaire à Cù Lao Giêng. Le nouveau supérieur parvient à faire élever un véritable bâtiment pour le collège en 1877. Il y enseigne la philosophie et la théologie jusqu’à sa nomination comme vicaire apostolique.
 

Une proximité avec les soeurs de la Providence

Dès l’arrivée des six soeurs de Portieux à Saigon le 10 janvier 1876, le Père Grosgeorge les attend avec deux sœurs de Saint-Paul de Chartres et le Père Colson. Puisqu’il réside à Cù Lao Giêng, il prend ces soeurs sous sa protection et organise le déplacement entre Saïgon (aujourd'hui Hô Chì Minh-Ville) et l’île Cù Lao Giêng. 

Ce missionnaire vosgien n’a rien négligé pour recevoir les sœurs dans les meilleures conditions et Sœur Isabelle (une des six soeurs) est stupéfaite : « Mais encore, qui vient à notre rencontre ? Trois religieuses annamites qu’on a fait venir dans l’orphelinat pour nous aider… » (lettre de Sœur Isabelle, 17 janvier 1876).

Le Père Grosgeorge s’est vu confier non seulement la mission d’accueillir les soeurs mais encore la charge d’être leur premier directeur spirituel. « Sœur Isabelle écrit : Il a bien l’air d’un saint et quel souci prend-il de nous ! Qui est donc ce Père Jean-Baptiste Grosgeorge appelé à jouer un rôle considérable dans les débuts de la fondation ? Eh bien, lui aussi est un Vosgien, né à La Voivre près de Saint-Dié ! Tout finit par s’expliquer ! La Providence a précédé les sœurs à Cù Lao Giêng ! Même si aucune des six sœurs arrivantes n’est vosgienne de naissance, toutes le sont un peu devenues en entrant dans une Congrégation dont la Maison-Mère est dans les Vosges. »cité par la soeur Anne-Marie ABEL dans son livre "Les Soeurs de la Providence au Vietnam, Un siècle d’histoire".

« Le Père Grosgeorge est vraiment l’âme de cette Mission et les sœurs ont bien conscience de tout lui devoir. Il s’occupe de tous les détails de la vie matérielle mais aussi de la santé et du bon moral des sœurs. Il leur procure des dictionnaires français-annamite et leur apporte aussi un harmonium car il a remarqué que le chant est un bon remède à l’ennui. »

Le Père Grosgeorge joue un rôle considérable dans la fondation des soeurs au début de leur mission: non seulement par son accueil bienveillant mais encore par le souci de la mission des soeurs dans un lieu étranger. Avec son expérience, il aide concrètement les soeurs à travailler dans la filature afin d’assurer la mission sur place. Il accompagne les soeurs dans leurs activités apostoliques à l’orphelinat, à l’hospice, ... Il prêche des retraites spirituelles pour les soeurs et collabore avec la supérieure, soeur Romuald, dans la formation des novices.
C’est lui-même qui propose aux soeurs de fonder une école dans une autre île (Cù Lao Tây) pour garder fidèlement l’esprit de leur fondateur dans l’activité d’enseignement : « Sans le zèle, la ténacité, le courage indomptable du Père Grosgeorge, ces écoles n’aurait pu voir le jour aussi rapidement. » ; cité par l’historienne Sr Anne-Marie ABEL dans son livre.

Le projet de chapelles.– Le Père Grosgeorge apporte son soutien à la soeur Romuald au projet de la construction de la 2e chapelle du couvent de Portieux à Cù Lao Giêng.  Il fait scier les bois pour la charpente et les portes. En tant que vicaire apostolique, Mgr Grosgeorge bénit la 3e chapelle du Couvent en 1900. Dans cette même chapelle sera célébrée la messe de ses obsèques en 1902 ; comme celle de l’anniversaire des 150 ans de la présence des soeurs au Vietnam le 12 janvier 2026.
Le Père Grosgeorge propose aux soeurs d’élargir la tente pour aller plus loin dans leur mission à la fois géographique et en profondeur : fonder des maisons à Long-Xuyên et à Rạch Giá.

Dans l’éloge funéraire célébrée à La Voivre le jeudi 13 mars 1902, Mgr Foucauld, évêque de Saint-Dié, dira : « La congrégation des soeurs de la Providence perd un ami fidèle et dévoué qui a su faire prospérer les oeuvres des filles du vénérable P. Moyë établies au Cambodge ».
 

Des œuvres qui perdurent

Son corps est toujours présent sur le territoire du pays de mission, précisément, dans la chapelle du séminaire de Cù Lao Giêng (non loin du couvent des soeurs de la Providence). Le père Grosgeorge continue à intercéder pour la mission. Ses oeuvres perdurent également. Ainsi, c’est dans la chapelle qu’il a bénie en 1900 qu’aura lieu la fête de 150 ans des Soeurs de Providence au Vietnam avec la présence de Mgr GOURDON, évêque de Saint-Dié.

Le souci de la formation du clergé et des soeurs vietnamiennes reste encore un grand défi au Vietnam. Surtout au sujet de la question de la proposition de la foi au sein des chrétiens vietnamiens et cambodgiens qui cohabitent sur l'île.

Voilà la Providence.— La Providence a agi en terre du Vietnam en premier lieu par le biais d’un vosgien. Elle continue de conduire les soeurs et de les guider dans leurs oeuvres apostoliques. Les sœurs vivent ainsi l’aventure de l’annonce de l’Evangile, en étant invitées à s’abandonner à la Providence de Dieu. 
 

En hommage à l'Église de Saint-Dié et au père Grosgeorge, humble et dévoué serviteur de la Providence.



Article rédigé par le P. Thomas d'Aquin TRAN NGUYEN DUY KHANG

 

Crédits photos :  Missions Etrangères de Paris ; Institut de recherche France-Asie ; Thomas d'Aquin TRAN NGUYEN DUY KHANG 

Articles relatifs

De Portieux au Viêt Nam

150 ans de la Congrégation de la Providence de Portieux au Viêt Nam

Nos Paroisses

ANNUAIRE DIOCESAIN

EN LIGNE

 > Consulter

Rencontres

avec Vosges TV

> Dernières émissions

RADIO

AVEC RCF LORRAINE

> Dernières émissions