Bien chères paroissiennes, bien chers paroissiens du « Net »
« Sois sel et lumière du monde »
Ces quinze derniers jours que nous venons de passer en ce temps de carême ont été pour beaucoup d’entre nous un vrai moment de désert. Un moment de retour à Dieu à travers les différentes initiatives prises pour rester « Connecter » à Dieu et au prochain. Ce carême 2020 on peut déjà le dire a été vécu différemment des précédents ; il est spécial. Bon gré, mal gré, souvent en freinant des quatre fers nous avons été obligés d’ouvrir nos cœurs et nos esprits, d’étendre nos tentes. Quelle leçon en tirons-nous ? Ce qui est sûr nous ne serons plus les mêmes. Notre vie chrétienne ne sera plus pareille. Acceptons de suivre le Seigneur en eau profonde.
Avec le dimanche des Rameaux et de la passion du Christ nous entamons la semaine sainte. Semaine durant laquelle nous allons de manière assidue suivre le Christ dans sa Passion-Mort et Résurrection. Semaine cruciale pour chacune et chacun ; pour tous. Dieu en effet, nous parle en vérité et en toute clarté et attend en retour notre réponse qui doit être vraie et claire. Merci à l’abbé Stanislas Balo de nous aider à travers sa méditation des textes de ce dimanche des Rameaux et de la Passion du Christ à donner une réponse vraie et claire au Seigneur qui veut nous faire partager sa gloire. Bonne semaine sainte à tous et à chacun.
« Ir adelante siempré ! »
Dieu bénisse !
Abbé Éric TRAORE.
Paroisse N.D du Val de Meurthe
20, rue de l'Église
88230/ Fraize
Tel :+33 3 29 50 30 50 / +33 7 53398792
France
HOMELIE DU SIXIEME DIMANCHE DE CAREME : DIMANCHE DES RAMEAUX ET DE LA PASSION
ANNEE A: Is 50,4-7; Ps 21; Ph 2,6-11; Mt 26,14-27,66
Bien-aimés de Dieu, un dimanche des Rameaux sans procession, le Missel Romain l’avait envisagé en prévoyant un rituel adapté. Mais un dimanche des rameaux sans procession, sans rameaux et sans rassemblement du peuple de Dieu, c’est sans précédent dans l’histoire de l’Eglise ; et cela n’avait effleuré l’esprit de personne ! Avec grande tristesse, nous ne pourrons rien déposer à notre petit coin-prières ou accrocher à notre crucifix ou encore à offrir à ceux et celles qui attendent notre visite annuelle pour recevoir leur rameau en signe de bénédiction et de protection divine pour toute l’année… Pourtant, plus que jamais, nous communions véritablement à la Passion et à la Mort du Christ qui meurt pour nous donner part à sa Résurrection : Il est la Résurrection et la Vie. Partant, pour célébrer les Rameaux, il revient à chacun de trouver sa manière d’acclamer Jésus notre Seigneur et notre Roi qui vient sans arme, parce qu’il est Notre Salut et Notre Espérance. Dans notre confinement, où nous prenons plus conscience de notre fragilité et de nos limites à tenir dans la bonté, nous pouvons nous engager à les comprendre et à les intégrer davantage en nous ouvrant intérieurement à toute vulnérabilité. Ensuite, nous pouvons demander la grâce de renaître véritablement en Jésus-Christ, en acceptant de nous pardonner nous-mêmes et en étant miséricordieux à l’égard des autres à travers plus de solidarité en actes (messages, téléphone, partage de vivres,…). Puis, l’évangile nous dit que les disciples et la foule déposaient leurs manteaux en signe de respect pour Jésus... Nous pouvons les imiter en déposant aux pieds de Jésus nos apparences, nos masques, nos assurances, en y associant même un geste d’adoration et de gratitude tels qu’incliner la tête, se prosterner ou se mettre à genoux,... et en y joignant la prière suppliante du confiteor, « je confesse à Dieu tout-puissant ».
Lorsque nous parcourons l’évangile de la Passion proposé à notre méditation, beaucoup de questions envahissent l’esprit : comment se fait-il que la foule de Jérusalem, au lieu d’acclamer à nouveau Jésus, comme lors de son entrée triomphale, crie à Pilate : « Crucifie-le ! Crucifie-le ! » ? Comment se fait-il que les bénéficiaires des miracles, les malades guéris, les possédés libérés ainsi que tous ceux qui avaient vu et écouté Jésus, les disciples eux-mêmes, l’aient abandonné ou n’aient pas pu se faire entendre ? Déception, désillusion, manipulation,… ? Malheureusement ce drame d’hier est toujours d’actualité avec des innocents, des pauvres, des faibles, des fragiles plus encore victimes des moments difficiles que nous vivons. Ma prière est que ce dimanche des Rameaux soit pour chacun de nous, un jour de nouvelles décisions : la décision d’accueillir davantage Jésus et son message en pensées, en paroles et en actes. Car Jésus a accepté l’humiliation : Il a été livré par Judas pour 30 pièces d’argent, le prix d’un esclave (cf. Ex 21,32). Il a été crucifié entre 02 bandits… pour se donner à tous sans jugement aucun. Il donne Sa Vie, Son Corps et Son Sang, tout son Amour pour le salut de chacun. Jésus est Celui en qui toute l’humanité est recouverte du manteau de la bénédiction divine afin de tout pénétrer, de tout racheter et de tout sanctifier ; sans oublier que Sa Puissance se déploie dans la faiblesse (cf. 2 Co 12,9). Devant le Visage défiguré du Christ en Croix, pensons à tous ceux et celles qui sont plongés dans le mystère de la souffrance et que nos restrictions de l’heure rendent difficilement accessibles : que nos prières insistantes ainsi que nos modestes gestes de solidarité trouvent grâces devant Dieu. A l’exemple de Marie, du disciple bien-aimé, de Simon de Cyrène, puissions-nous obtenir la grâce d’être des personnes qui véritablement soutiennent, soulagent, accompagnent, réconfortent,…
Frères et Sœurs, je ne puis m’empêcher de relever aussi la sérénité avec laquelle Jésus traverse Sa Passion et Sa Mort : Il commence par prévenir ses disciples que « le Fils de l’homme va être livré pour être crucifié » ; mais ils ne comprennent pas ! Il ajoute « le Fils de l’homme va verser son sang pour la multitude… pour le pardon des péchés » (Mt 26,28), mais les disciples ne l’intègrent pas. Jusqu’au bout, Jésus veut les associer tous à Sa Passion. Il prend même le temps de faire observer au disciple qui a frappé le serviteur du grand-prêtre en lui tranchant l’oreille : « Penses-tu que je ne puisse faire appel à mon Père, qui mettrait aussitôt à ma disposition plus de douze légions d’anges ? » Puis Il ajoute avec fermeté : « Tous ceux qui prennent l’épée périront par l’épée » (Mt 26,53). Voilà une vérité qui confond ceux qui font usage de la violence au Nom de Dieu ou affirment que Dieu châtie : c’est une aberration ; c’est un blasphème ! Dieu n’en a pas besoin ; Il n’a jamais eu besoin de punir ! Cette précision, rejoint la prophétie d’Isaïe (cf. 1ère lecture) : le peuple d’Israël, en exil à Babylone, était dans des conditions très dures et prêt à se laisser aller au découragement en pensant que Dieu les a abandonnés ou pire que Dieu pourrait trouver une satisfaction dans leurs souffrances. Non, leur répond Isaïe : « le Seigneur Dieu vient à mon secours… je ne serai pas confondu ». St Matthieu aussi nous laisse l’entendre dans l’évangile pour signifier ce qui fait la grandeur de Jésus. Car oui, Jésus accomplit à la perfection les Ecritures : Il accepte d’être suspendu sur le bois, trône à partir duquel Il régnait déjà depuis la crèche de Bethléem (la Mangeoire) et trône à partir duquel Il règne désormais et à jamais (la Croix). Puissions-nous obtenir la grâce de nous laisser habiter par ce mystère de notre foi. Car notre Dieu, n’est qu’Amour, Vérité et Vie ! Son Dessein bienveillant (cf. 2e lecture) sur notre humanité entière est de nous introduire dans Son Bonheur et Son Intimité !
Il n’a aucun Autre Plan !
Amen !
Abbé Stanislas BALO – Paroisse Saints Pierre et Paul des Etangs – 05/04/2020