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Viviane Lorange, une voix pour les "invisibles"

Portrait d'une femme engagée auprès des migrants

« Des garçons et des filles, j'en ai eu jusque sept en même temps, quarante-huit en tout !  Mon mari et moi n'avons jamais fait de différence avec nos propres enfants. Nous sommes une famille.»

Si vous interrogez Viviane Lorange sur son parcours, il est probable qu'elle  vous évoquera davantage les autres qu'elle même. Viviane Lorange  est de ces gens qui ont en eux tant d'amour pour leurs semblables qu'ils finissent par s'oublier. 

Petite dernière de onze frères, cette Golbéenne de toujours vécut une enfance un peu effacée   au sein d'un foyer que faisait vivre le textile. C'est donc presque tout naturellement que malgré un CAP de comptabilité elle entra dans la vie active à la filature de La Gosse. Mariée en 1980, elle n'hésita pas à prendre en charge le fils de l'un de ses frères et de l'élever comme son propre garçon. Une formation en accéléré d'éducatrice spécialisée lui permit d’accueillir à son domicile des enfants en précarité, pas seulement, mais peut être surtout affective. « Des garçons et des filles, j'en ai eu jusque sept en même temps, quarante-huit en tout !  Mon mari et moi n'avons jamais fait de différence avec nos propres enfants. Nous sommes une famille. D’ailleurs, ces gosses se considèrent comme frères et sœurs et s’entraident. Trois d'entre eux ont même demandé à porter notre nom. En qualité de tuteurs légaux, nous recevions simplement les allocations familiales. Il ne s'agit pas de gagner de l'argent, mais de rendre une dignité à des jeunes, certains portent déjà tellement de souffrances en eux... »

Une véritable bouffée d'oxygène

Les plus petits, les sans voix, les invisibles... Viviane Lorange les soulève également à bout de bras au sein de la JOC. Accompagnatrice fédérale, elle se porte à l’écoute des 13 à 30 ans en situation de précarité. « Il ne faut pas faire les choses à leur place, mais être auprès d'eux... Toutes les situations sont représentées. Des jeunes se cherchent, il faut leur montrer qu'ils sont capables d'avancer dignement et leur dire en leur assurant qu'ils sont dans l'Église autrement. Ils font le bien sans le savoir. Travailler auprès d'eux m'apporte une joie intense. J'ai parfois l'impression d'être aussi jeune qu'eux. Vous n'imaginez pas tout l'amour qu'ils peuvent donner. Il y a de grandes précarités. En mission ouvrière aussi  ce cheminement représente une véritable bouffée d'oxygène, je suis là pour les soutenir, mais je suis bien plus petite qu'eux... » 

L’Action Catholique Ouvrière fonde sa mission sur celle du Christ et de toute l’Église : accueillir et annoncer la Bonne nouvelle à ceux que la vie a laissés pour compte. « Ils sont tous uniques, la société ne leur prête pas assez d'attention... Ils sont réservés, car ils ont souvent peur que l'on se moque d'eux. Pourtant, tous ont quelque chose à nous apporter... Si on m'enlevait cette mission, je ne serais plus moi, car c'est quelque chose qui me porte... Et ils aiment tellement entendre que Dieu les aime eux aussi ! »

Des gamins en galère

Viviane Lorange invite à sa table : « je ne vois pas pourquoi je mangerais seule si je peux partager avec ceux qui n'ont rien, ou si peu ! »  Elle se souvient de l'exemple de son propre père qui l'interpellait « On a tué le cochon, tu vas aller donner ça, là-bas, ils ont besoin... » 

Des gens fuient toutes les misères, tous les dangers et la détresse d'une planète qui ne tourne pas rond. Un partenariat avec le Conseil départemental soutient l'action de solidarité. « Je suis une maman, il y a des gamins en galère, je les aide comme je peux. Il faut s'entraider, sinon on n’arrivera à rien. Je ne peux tout de même pas mettre à la rue ceux qui frappent à ma porte... Je n'attends pas un merci, ma récompense c'est un sourire... Je suis là pour les aider. Tout doucement, on arrive à les emmener vers Dieu. Il m'arrive de recevoir chez moi des SDF, des migrants… Cela demande une certaine discrétion, et je sais que parfois tout cela peut inquiéter. Ma démarche n'est pas toujours bien perçue. Mais il suffit de se parler, on se comprend alors beaucoup mieux. Je me suis toujours battue pour la défense du petit... » 

Veuve depuis quelques années, Viviane Lorange a rejoint une équipe diocésaine en charge de funérailles. La petite fille qu’elle a été n’a jamais joué à la poupée. Longtemps habillée comme un garçon et révoltée par les injustices, elle exprime cette soif d’amour qui anime son coeur. « Si je suis seule, j’ai l’impression de ne pas exister, je pense à moi en pensant aux autres… Parler de moi n'a pas vraiment d'intérêt, parlez d'eux, ils le méritent ! »

Josée Tomasi-Houillon

 

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