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Changer de regard sur les migrants

Journée mondiale des réfugiés

Le 20 juin, comme chaque année, nous sommes appelés à commémorer la force, le courage et la résilience de millions de réfugiés. L'occasion pour notre diocèse et nous tous, en tant que chrétiens, de montrer notre soutien aux familles déracinées. Cette journée nous permet également de mettre en lumière les résultats d'une enquête destinée à nous aider à changer de regard sur les migrants. Le résultat de travaux communs de l'Église de France, du CCFD, du JRS-France et du Secours Catholique. 

En réponse aux appels répétés du Pape François à promouvoir "une authentique culture de la rencontre", soucieux d'aider les chrétiens à dépasser leurs réticences vis-à-vis des migrants et ainsi à mieux contribuer à la qualité de l'accueil, le service national de la Pastorale des Migrants, le CCFD Terre Solidaire, JRS-France et le Secours Catholique - Caritas France se sont engagés à travailler dans la durée à la sensibilisation. 

Une étude d'opinion élaborée avec More in Common

Une étude d'opinition montre que, loin de certaines idées reçues, les chétiens, dans leur ensemble, expriment à l'égard de l'accueil des positions plutôt mesurées. Globalement, les craintes qu'ils expriment n'empêchent pas la bienveillance et peuvent même cohabiter avec un engagement concret, une expérience de la rencontre, une expression de solidarité. Là ou une vision rapide pourrait laisser craindre un blocage complet, une compréhénsion plus fine des motifs de crainte laisse entrevoir chez tous des possibilités d'évolution. Ces enseignements renforcent la volonté de ces acteurs, mais aussi la notre en tant que diocèse et chrétien, d'être à l'écoute de toutes les peurs, de toutes les pauvretés, afin d'aider chacun à recevoir l'autre comme une richesse et non une menace. 

De nombreuses initiatives de chrétiens pour l'accueil et l'intégration de migrants sont à saluer et à encourager dans notre diocèse et au delà. En cette journée du 20 juin nous les encourageons à s'engager en faveur du changement de regard en préférant toujours, au jugement qui enferme, l'écoute et le dialogue qui ouvrent un chemin, nottament avec ceux qui, fragilisés par la pauvreté, la précarité ou 'insécurité culturelle, ne sont pas aujourd'hui en mesure d'accueillir mais peuvent se laisser toucher. Qu'ils continuent à oeuvrer auprès de ces familles et personnes, en aidant ceux qui montrent des dispositions à l'acceuil mais qui n'ont pas encore franchi le pas de la rencontre de le faire. 

Des supports seront proposés par nos différents acteurs pour soutenir les personnes sur le terrain : Pastorale des migrants, CCFD et Secours Catholique. 

Principaux enseignements de l'étude

  1. Une majorité se dessine en faveur de l'accueil.
    61% des catholiques interrogés refusent la fermeture totale des frontières et 71% d’entre eux soutiennent l’intégration par le travail.
     
  2. L’opinion catholique rejette les solutions à l’emporte-pièce.
    ls refusent notamment de trier les migrants : 60% des catholiques rejettent l’idée d’accueillir prioritairement des migrants ayant des niveaux d’éducation et de qualifications supérieurs aux autres. Et ils sont 41% (contre 39% et 19% sans opinion) à penser que les migrants font des efforts pour s’intégrer.
    L’attitude des catholiques à l’égard des migrants ne se résume pas à une lutte des ouverts contre les fermés : elle est plutôt dominée par l’ambivalence. En vérité, chacun d’entre nous est traversé par des questionnements sur ce sujet complexe.
     
  3. 55% des catholiques sont en désaccord avec l’affirmation selon laquelle « c’est un problème que la majorité des migrants venant en France sont musulmans » et seuls 22% jugent l’islam incompatible avec la société française. De plus, 47 % des catholiques déclarent que les musulmans ont des valeurs similaires aux leurs.
     
  4. Néanmoins, un tiers des pratiquants se sentent en insécurité culturelle :
    ils ont le sentiment que l’Islam occupe une place et une influence de plus en plus importante. Mais cette inquiétude ne se traduit pas par une stigmatisation : ils distinguent l’islam, qu’ils connaissent mal, des musulmans, avec lesquels une majorité d’entre eux se sent en communauté de valeurs.
     
  5. Le débat public sur les questions « culturelles » tend à occulter les questions sociales, notamment parmi les publics les plus fragiles, parfois très éloignés de l’Église, qui se sentent abandonnés par l’État.
     
  6. Quelles que soient leurs perceptions des migrants, les catholiques donnent du temps, de l’argent ou en nature : leur engagement n’est pas déterminé par leurs attitudes. Un catholique sur deux a fait un don ou une action en faveur des migrants depuis un an. Une proportion qui reste élevée, même parmi les groupes les plus hostiles à l’accueil de l’étranger.
     
  7. Les catholiques restent attachés à la parole du Pape ; ils sont 61% à être en accord avec ses déclarations sur les migrants. Car, plus on est sûr de ses valeurs, plus on est accueillant. Un travail positif et inclusif sur l’identité catholique dans une société en pleine mutation peut porter ses fruits. L’appel du Pape à aller vers toutes les périphéries a aussi toute sa place dans une démarche de sensibilisation et de changement de regard.


Enquête menée par More in Common, est une initiative internationale, présente en France, dont l’ambition est d’immuniser nos sociétés contre la tentation du repli social, identitaire et culturel. 
Enquête menée par l’IFOP par téléphone du 11 au 18 décembre 2017 auprès d’un échantillon de 1002 personnes, représentatif de la population catholique française âgée de 18 ans et plus.


Interview de Mgr Denis Jachiet, évêque auxiliaire de Paris
et accompagnateur de la Pastorale des migrants à la Conférence des Évêques de France

 

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