L'édito de Mgr Berthet

 

Le nombre et le signe

Les toutes récentes fêtes pascales, fêtes de l’espérance dans la foi, ont eu évidemment un relief tout particulier dans les épreuves et les peurs qui nous traversent. Mais elles furent aussi, pour quelques-unes de nos communautés, l’occasion de célébrer l’initiation sacramentelle de catéchumènes ou confirmands adultes. Ces nouveaux initiés sont certes peu nombreux, mais ils nous montrent que l’on peut, aujourd’hui encore, choisir de devenir chrétien ou de reprendre la vie chrétienne par le baptême, la confirmation et l’eucharistie. Donc, si le nombre n’est pas là, le signe est vraiment présent, et c’est là l’essentiel. Ce signe nous dit l’importance des dons que nous avons reçus ; il nous invite à réveiller toute la richesse, toutes les potentialités de la grâce baptismale que nous avons reçue. Ce signe, au fond, nous exhorte à croire que nous pouvons nous-même être encore des signes, personnellement et en communauté, qui redisent la nouveauté chrétienne dans le monde d’aujourd’hui.

Ainsi se réalise la forte parole que le saint Pape Paul Vi adressait à des évêques français dans les années 70 : « Vous n’êtes pas d’abord chargés de faire nombre, mais bien plutôt de faire signe ».

Cette parole si vraie n’est pas d’abord un mot de consolation, mais un appel au changement du regard et à la conversion. A vue humaine, nous ne renverserons pas les marqueurs principaux de la sociologie chrétienne : nombre de prêtres, de chrétiens habituellement pratiquants, d’enfants catéchisés, etc. Ils sont en berne depuis longtemps et pour longtemps. Mais la seule considération du nombre est une attitude purement humaine qui nous ferait manquer à l’espérance, tandis que la force du signe toujours possible nous invite à la responsabilité active et créative. Au-delà de la fragilité de nos paroisses, aumôneries ou mouvements, c’est leur qualité fraternelle et leur humble rayonnement missionnaire qui est en jeu. Bien plus que le nombre de prêtres ou de messes, ce qui importe est la ferveur avec laquelle nous vivrons la force prophétique de notre baptême au cœur d’une société qui a plus que jamais besoin de ce signe.

Au lendemain de Pâques, les nouveaux baptisés sont appelés « néophytes », ce qui signifie « jeunes plantes ». N’est-ce pas là, finalement, la grâce que nous pouvons nous souhaiter les uns aux autres ?

 

+ Didier BERTHET
Évêque de SAINT-DIÉ

Retrouvez l’édito de Mgr Berthet chaque mois dans la revue diocésaine « Église dans les Vosges »

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