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Le Synode des Jeunes se prépare

« Les jeunes, la foi et le discernement des vocations »

Le 19 juin dernier, le Vatican a rendu public l'Instrumentum Laboris qui est le document final préparatoire en vue du synode des évêques du monde entier sur "Les jeunes, la foi et le discernement des vocations". Ce synode, dont le processus a commencé depuis deux ans, aura lieu à Rome du 3 au 28 octobre 2018.

En ce 22 juin, le pape François a nommé quatre évêques français délégués à ce Synode des évêques portant sur la question de la jeunesse. Sont ainsi nommés :

  • Mgr Laurent PERCEROU, évêque de Moulins et Président du Conseil pour la pastorale des enfants et des jeunes ;
  • Mgr David MACAIRE, archevêque de Fort-de-France ;
  • Mgr Bertrand LACOMBE, évêque auxiliaire de Bordeaux et membre du Conseil pour la pastorale des enfants et des jeunes ;
  • Mgr Emmanuel GOBILLIARD, évêque auxiliaire de Lyon et membre du Comité Études et Projets.

L'Instrumentum Laboris  présente les requêtes des jeunes (à hauteur de 2/3 du document préparatoire) et les objectifs du synode. Ainsi, l'enjeu majeur est le "prendre soin" des jeunes qu'il faut « considérer comme central et inhérent à la mission de l'Eglise » selon Sœur Nathalie Becquart, directrice du SNEJV (Service national pour l'évangélisation des jeunes et pour les vocations). Le texte dans son ensemble regroupe à la fois une analyse sociologique et anthropologique de la jeunesse actuelle et une méthode pour amener au discernement. 

Les jeunes sont demandeurs d'un langage plus clair de l'Eglise et d'une vie avec davantage de repères. Comme le souligne le père Giacomo Costa, les jeunes ont besoin d'une « vie pleine de sens pour eux-mêmes et pour d'autres ; (...) ils sont appelés à une plénitude de vie et de joie ». Sept mots-clefs émergent à la lecture du document pré-synodal : écoute, accompagnement, conversion, discernement, défis, vocation et sainteté. 

Pape François, « Dieu est jeune », p.18 Jeunes prophètes et vieux rêveurs

« Je vois un garçon ou une fille au pied agile qui cherche sa voie, qui entre dans le monde et qui regarde l’horizon avec des yeux pleins d’espoir, pleins de l’avenir et aussi d’illusions. Le jeune marche sur ses deux pieds comme les adultes, mais à la différence des adultes, qui les gardent bien parallèles, il en a toujours un devant l’autre, sans cesse prêt à partir, à bondir. Toujours prêt à aller de l’avant. Parler des jeunes, c’est parler de promesses, et c’est parler de joie. » 

Le document décrit ainsi trois étapes en vue du discernement : « reconnaitre, interpréter, choisir ».

  • « Reconnaitre : l'Eglise à l'écoute de la réalité » : Il s'agit de prendre en compte la diversité des contextes et de repérer les éléments de la culture globale afin d'être plus à l'écoute des jeunes. Ainsi, des thèmes tels que le sport, la musique, le corps, l'affectivité, la sexualité, la famille, les études et le travail sont abordés. Il faut relever « la "liquidité", la pluralité et la multiplicité des possibles » qui caractérisent le contexte social actuel dans lequel les jeunes peinent à poser des choix.
     
  • « Interpréter : la foi et le discernement vocationnel » : Il faut savoir interpréter le discernement et la vocation, des termes que les jeunes ont du mal à comprendre. La vocation doit être entendue dans son sens large : « Toute vie est vocation ». Il faut comprendre la vocation non pas comme une voie à sens unique entre la voie sacerdotale et la vie consacrée, mais comme un chemin à parcourir offrant de multiples possibilités. Le discernement est nécessaire à la vocation de l'individu, ce à quoi il est destiné - en-dehors de toute acception religieuse. Ainsi, les acteurs pastoraux sont invités à se former pour accompagner au mieux les jeunes dans leurs discernements vocationnels. 
     
  • « Choisir : trouver des chemins modes de conversion pastorale et missionnaire » : L'Eglise doit se montrer présente pour aider dans le cheminement du discernement vocationnel de chacun. À l'instar de la vision missionnaire du pape François, il faut mettre en œuvre une « culture de la rencontre » et mettre en avant une "Eglise du dialogue". Ecouter, accompagner et dialoguer avec une personne peut l'aider à se construire une « identité intégrale », tout en prenant en compte les différentes facettes de sa personne.

Pour « accompagner les jeunes à accueillir l'appel à la joie de l'Evangile », l'Eglise doit pouvoir se situer dans « tous les lieux et réalités de la pastorale ordinaire qui rejoignent la vie des jeuneset ». Il faut tenir compte des sujets, des lieux et des instruments qui sont à notre disposition. Ainsi, il est possible de souligner l'importance des instruments qui peuvent aider l'Eglise à rejoindre et accompagner les jeunes comme le monde numérique, la musique, le sport, l'amitié.

Le père Giacomo Costa souligne un travail collaboratif qu'il faut davantage mettre en œuvre : « Dans le monde du digital, ce sont plutôt les jeunes qui doivent accompagner l'Eglise, et les jeunes disent "Nous avons plus de connaissances des moyens mais, vous, vous avez des critères pour les lire ».

Dans des sociétés où la précarité des jeunes est croissante, il faut prendre en compte également les divers aspects de fragilité et exclusion qui peuvent toucher la jeunesse : le handicap, la maladie, les addictions, la prison, la guerre et la violence, la migration, la mort.

Pape François, « Dieu est jeune », p.32 Jeunes prophètes et vieux rêveurs

« Pour comprendre un jeune aujourd’hui, il faut le comprendre en mouvement. On ne peut pas rester immobile et prétendre être sur la même longueur d’onde que lui. Si nous voulons dialoguer, nous devons être mobiles, et c’est lui alors qui ralentira pour nous écouter, c’est lui qui décidera de le faire. Et quand il ralentira, une autre figure commencera : un mouvement dans lequel le jeune adoptera un pas plus lent pour se faire écouter, et où les anciens accéléreront pour trouver le point de rencontre. Ils se contraignent mutuellement : les jeunes à aller plus lentement, et les vieux plus vite. Voilà comment nous pourrons progresser. » 

Les jeunes ont besoin de se sentir épaulés et responsables, d'être acteurs. Ainsi il est question de donner « la priorité à la responsabilisation et à l'engagement des jeunes » et de répondre aux enjeux de « travailler en réseau et avec d'autres instances civiles » et de « toujours mieux articuler paroisses/diocèses, mouvements/communautés dans une Eglise-communion qui se veut toujours plus inclusive ».

À l'instar de l'exhortation apostolique Evangelii Gaudium (2013), le pape François a pu rappeler dans sa dernière exhortation apostolique Gaudete et Exsultate  (Mars 2018) l'appel universel à la sainteté. La sainteté est une vocation universelle qui concerne tous les jeunes. Cet appel vocationnel conclut l'Instrumentum Laboris : « La jeunesse est un temps pour la sainteté ».

Sœur Nathalie Becquart estime que «  si l'Eglise écoute bien les jeunes et discerne plus finement à travers eux les "signes des temps", elle continuera à se réformer pour servir davantage le monde et contribuer à sa transformation positive ».

Pape François, Evangelii Gaudium

« Chaque fois que nous cherchons à lire les signes des temps dans la réalité actuelle, il est opportun d'écouter les jeunes et les personnes âgées. Les deux sont l'espérances des peuples. Les personnes âgées apportent la mémoire et la sagesse de l'expérience (...) Les jeunes nous appellent à réveiller et à faire grandir l'espérance. » 

 



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